Rendez-nous les gondoles
Tintin and Me
Depuis le temps que je saoûle tout le monde avec Tintin, qui était ma deuxième cible après avoir vu l’innénarable Margaret Cho qui passait à Londres il y a de cela quelques semaines; l’annonce d’une adaptation par Steven Spielberg constituait donc en soi un événement. Ceci tombe d’autant plus à pic que Parker m’avait offert l’intégrale des albums, en français ET avec couverture cartonnée lors du dernier Noël. Probablement un des plus cadeaux que j’aie jamais reçu et la preuve que malgré mes plaintes répétées j’ai un jules qui m’écoute m’obéit m’entend (ma collection que j’avais depuis que j’étais petiot a brûlée quelques mois avant mon déménagement à Londres, le pyromane court toujours…).
Je suis donc allé retrouver l’idôle de ma jeunesse dans une salle de l’Odeon sise sur Marble Arch. J’ajoute que c’était en 3D. Perso je suis pas un grand fan de la 3D -marrant les 5 premières minutes mais fatigant et dont les effets s’estompent rapidement me concernant- mais j’étais avec un pote qui ne pouvait pas se libérer pour la projection en format vintage de 18:30… on a chaussé nos bésicles et vogue strike a pose la galère!
(à partir de là il peut y avoir du spoiler, you enter at your own risks!)
Premières impressions plutôt bonnes à la vue du générique dont le graphisme claque sa chatte et de la première scène du film que j’ai trouvée émouvante. Spielberg à l’évidence est tintinophile et a su re-créer et convertir de manière très vivide les décors des albums. On pense un peu à Dick Tracy, qui voulait reprendre la qualité graphique des comics dont il était issu. Les enchainements entre les scènes à mon humble avis sont simplement du domaine du génie, ainsi que certains mouvements de caméra. L’ambiance est bien restituée, chaussé de mes lunettes je contemple l’écran la bouche grande ouverte: “-Quand Fabrice content, lui toujours faire ainsi!”
J’avais saoulé prévenu tout le monde depuis des semaines: “Si “ILS” changent et détruisent l’histoire je vais salement ruer dans les brancards, ce serait une honte, non mais tu rends compte etc etc… et je devrais noyer mon chagrin dans l’alcool car je serais incapable me remettre d’une déception pareille.”
Bingo l’histoire n’est pas du tout restituée dans son intégralité et la fidélité au “Secret de la Licorne” est ma foi relative; bien que les grands moments -notamment la rencontre entre François de Haddock et Rackham le Rouge lors de l’abordage de La Licorne, narrée par le Capitaine Haddock- y soient. Spielberg donne à Mr Sakharine -personnage à la limite du nobody dans l’album éponyme- un rôle central à l’intrigue. L’aventure du “Crabe aux Pinces d’Or” , qui s’entremêle avec l’intrigue Licornienne, est très bien rendue.
Néanmoins j’ai cru donc faire une crise d’hystérie en plein cinéma et dénoncer la haute trahison de Steven Spielberg et sa bande de capitalistes corrompus.Arlette revival et toussa… passque c’est p’têt beau mais c’est pô fidèle!!!!! J’en étais à appeler la Court Martiale ET l’Inquisition depuis mon iPhone…
Sauf que. Sauf qu’en y réfléchissant bien tout le monde ne connait pas le monde de Tintin (et c’est un manque dont on devrait avoir honte, Madame! parfaitement: honte!). Tout le monde n’a pas cette familiarité avec cet univers. C’est -peut-être- donc une manière plutôt fine et intelligente d’amener le tout à la manière d’une introduction. J’attends néanmoins des prochains films une adhérence aux originaux un peu plus poussée!
Sinon, mention spéciale aux personnages d’Allan Thomson, la Castafiore, Les Dupondt et Nestor, magnifiquement campés et rendus. Par contre Milou est pathétique et ne parle pas (drame de la soirée: le Capitaine Haddock n’a pas la voix de mon père, voix que je lui ai toujours imaginée…).
On peut noter que Spielberg a présenté le décor et introduit tous les personnages-clés de Tintin. Ne manque que le Pr Tournesol, qui originellement apparait dans la suite du “Secret de la Licorne”, à savoir “Le Trésor de Rackham Le Rouge” dont la fin -mille sabords de nom de Dieu de bordel de bachi bouzouk de ta mère- est insérée dans le film. Ce qui me panique un peu quand à la suite… Dieu merci il me reste le vin rouge et Albator ze Movie sous peu.
Pour conclure je dirais que c’était bien, point. Je donne au global un 6.5/10 pour le rendu proche des albums, les personnages que j’ai préférés et l’univers graphique proche des albums qui se dégage du film. J’aurais voulu une adaptation fidèle avec les mêmes moyens mis à disposition pour ce film qui somme toute s’en sort bien -je sais, on sent que ça me coûte de l’admettre. C’est tout de même jouissif de voir son héros “en vrai” à grand renfort de coûteuses technologies…
J’espère juste que ceux qui ne connaissaient pas Tintin ne ne deviennent déçu par la différence d’intrigue et l’innocence juvénile teintée de bons sentiments du héros en ouvrant ses albums. Enfin, je note qu’en VO les voix des personnages transpirent d’un anglais britannique mâtinée d’accents écossais ou middle-class. Le moyen ultime pour d’indiquer que Tintin vient bien d’Europe. Je lui souhaite bonne chance en Décembre lorsqu’il se montrera au Nouveau Monde.
Urgent Call
Hate Crime Vigil – 23rd October 7pm – 9pm Trafalgar Square (with 2 minute silence at 8pm)
Ian Baynham aged 62 died in hospital on October 13th 2009, several weeks after he was punched and kicked while on a night out near Trafalgar Square in a vicious homophobic attack by two teenage girls.
After his death, last year up to 10,000 people gathered in Trafalgar Square (ndlr: Fabrice & Parker y étaient) to enforce the message that hate crime is unacceptable. Those who attended the vigil in the centre of London were also joined by others around the world online.
This Saturday, 23rd October between 7pm and 9pm, the vigil will take place once again in Trafalgar Square with a 2 minute silence at 8pm. A number of musicians and speakers will be attending the event including Stuart Milk – nephew to Harvey Milk who is making the journey from the USA to represent the Harvey Milk Foundation.
It is hoped that once again thousands of supporters including the world’s media will join in and support the event in central London online.
If you would like to show your support in person, head down to Trafalgar Square this Saturday evening and join thousands of individuals all united to share one common theme “Uniting all communities against all forms of Hate Crime through hope and remembrance”.
Bayreuth Année 0 (Final episode)
Il apparait très vite que pénétrer dans le Saint des Saint de l’univers Wagnérien répond à un protocole bien établi. Hors de question de s’assoir dès qu’on a trouvé sa place. Non, car l’exiguïté des lieux en terme d’espace entre les siège fait qu’il y a toujours quelqu’un à laisser passer (ce qui permet au passage de juger du bon goût teuton. Chanel & Co ont de beaux jours devant eux). Limite je me suis insurgé contre l’organisation allemande qui a pourtant une réputation qui n’est plus à faire. D’ailleurs on reste debout parce que voilà, c’est comme ça, on reste debout. C’est der protokol.
Petite note en passant, Wagnerland c’est très beau et l’acoustique du lieu est sublime car tout -ou presque- est en bois. Y compris les sièges. C’est à mon avis un des rares endroits où avoir un cul de poney peut servir (je ne citerai pas de nom mais à l’issue de la représentation j’en connais un qui m’a avoué ne pas avoir eu mal au cul du tout et avoir passé un bon moment avec juste un petit coussin. J’étais grave vexé). Nous avions certes emmené nos coussins made in England mais mon petit cul (moulé à la louche ET de porn-star) de mec pas trop épais (mais néanmoins admirablement proportionné) et mon dos ont réellement souffert. C’est ça aussi d’être un mélomane passionné!
Pendant que l’on était debout et qu’avec Parker on se regardait avec un sourire d’une niaiserie amoureuse navrante il m’est apparu que l’orchestre était invisible car niché dans une fosse autour de la scène (“je te dis qu’ils sont tous à poil et en charentaises avec leurs instrument respectifs dans la fosse, je connais l’Allemagne, moi!” ai-je suggéré à mon mari hilare). Et tout d’un coup, toujours debout, le silence s’est fait. Les petites Walkyries avec leurs clefs se tenaient debout avec nous devant leurs portes respectives. Puis elles on reculé pour repasser à l’extérieur du théâtre, on fermé leur porte et l’ont verrouillée. Nous nous sommes enfin assis. Avec Parker on était enfermé chez Wagner et on a senti comme un frisson parcourir l’assemblée et notre dos, c’était vraiment bizarre de sembler aussi seuls ensemble et simultanément part d’un moment privilégié collectif. Nous étions seul avec Wagner, chez lui, avec sa musique et ses héros mythologiques.
Je ne suis pas au sens propre un Wagnérien. J’aime, j’adore l’opéra mais Wagner ça m’a pris du temps, 20 ans en fait.. Wagner c’est du long et c’est du lourd, du technique, voire de l’expérimental, choses que l’on pourrait opposer à l’opéra français ou italien plus léger, plus décoré, plus émotionnel et sensuel. Parker, lui, il a la musique dans le sang, et il a une oreille que j’envie car elle sait décoder les nuances, saisir le sens et embrasser la teneur d’un son (et accessoirement qui arrive à m’entendre quand je marmonne dans ma barbe à son sujet quand on s’engueule: “tu m’as appelé comment, là?…” mais bon il a commencé le piano à trois ans et demi et a une formation de soliste gagnée à Oxford, resistance is futile).
Non, franchement je ne suis pas un Wagnérien. Je suis un Ravelien moi. Mais quand le prélude de Lohengrin a commencé je crois que Wagner et moi on s’est comme qui dirait vraiment rencontré et on a passé un moment vraiment divin. Je crois que je l’ai enfin compris et j’ai réussi à l’aimer. Sincèrement. J’ai même un peu pleuré. Moi, Fabrice. M. Sur du Wagner. Un truc de malade… la production était très moderne et je ne cacherai pas qu’elle ne m’a pas vraiment plue, sauf peut-être les costumes de rat et quelques trouvailles post-modernistes mais pas vraiment avant-gardistes. Les critiques me suivent sur ce coup-là. Mais la musique mes enfants, la musique… c’était indescriptible de sensation et de beauté.
Et avec trois actes d’une heure chacun entrecoupés d’interludes d’une heure mon fessier a survécu alors que mon oreille connaissait l’orgasme sonore par vagues successives. J’ai joui de l’oreille comme la dernière des gourgandines. Avec en sus une opportunité de se jeter sur les saucisses, les bretzels et le Riesling! Je disais dans mon billet précédent qu’il a fait un temps épouvantable et ce fut une chance. Car le théâtre n’a pas la clim’ et par périodes de grandes chaleurs les évanouissements et suées collectives peuvent gâcher l’expérience. Franchement je n’ose pas imaginer ce que ça peut être mais le peu que j’ai entendu me suffisent à apprécier que cette première fois fut magistrale.
Donc voilà c’était mon Bayreuth à moi et c’était über bien. C’était very special. Avec une personne qui me voulait là, après 18 ans à espérer vivre cette expérience, avec sa petite crevette französich. J’espère qu’il y en aura d’autres, avec lui (on se met tous à postuler dorénavant). Mais sans CD de Wagner dans la caisse et un peu plus de Madonna car on est pas des chiens non plus. D’ailleurs depuis qu’on est rentré mon jules fait une dérive: 3 bios de Richard achetées et toute sa zique chargé dans l’iPod. Mais Bayreuth vaut bien une messe… (private joke!)
37th Birthday “Glee” Special
C’est mon cadeau!… si vous aimez “Glee” moi je me paie Sue Sylvester pour mon anniv’
(Son adaptation du rap final m’a presque fait me pisser dessus). Vogue is alive, Vogue is Fabrice. M. Foreva!… et Happy Birthday to me, sans Parker qui est coincé au Portugal mais on s’en fout on a du champagne!
Demain Dubaï -Prologue
(je kiffe mon titre, ça fait très “Aujourd’hui Madame”…)
Avec Parker on part à Dubaï demain (vous êtes énervés, hein?). Le choix de compagnie aérienne s’est porté sur la grande compagnie de l’Emirat(es) en question plutôt que la Fabrice-Air Ltd pour des raisons pratiques: vols directs à foison depuis Londres, pas besoins de passer par Paris-Capitale-de-la-fashion, bref c’est reparti on vole en stand-by avec les billets à deux balles sur cette compagnie à la réputaion ma foi prestigieuse. Sauf que.
Les employés -et possesseurs comme dans mon cas- de compagnies aériennes lorsqu’ils voyagent en stand-by (comprendre par là que l’on ne monte à bord que s’il reste des sièges libres une fois que l’enregistrement du vol convoité clôture. Risqué mais trop pas cher…) doivent se “faire lister” comme on dit dans le jargon auprès de la compagnie souhaitée pour leur faire part de leur intention de voyager sur un de leur vol.
Ni une ni deux j’appelle donc La Grande compagnie De l’Emirat (ou LGCDLE)
Episode I
“Bonjour Mr LGCDLE, je voudrais me lister sur un vol de Londres pour Dubaï! (sourire en bandoulière et voix très corporate)”. 30 minutes au bas mot, des explications et épellages à n’en plus finir, des mises en attente interminables mais j’ai finalement un dossier de réservation en stand-by supposément aux noms de Fabrice Michel et Parker Mydarlingchouchou.
Merci Mr LGCDLE, looking forward to fly with you!
5 secondes plus tard je me rue sur le site de LGCDLE pour mater le booking. Et merde le booking est au nom de Fabrice Machil et Parker Mydarlingchouchou (heureusement qu’on a inventé l’alphabet international, en passant, et que je m’en suis servi)… j’envoie un mail pour demander la rectification ou au pire de me refaire un listing auquel il m’est rétorqué de plutôt les appeler c’est plus sûr et plus rapide -opinion discutable. Je le sentais arriver mais bon on est entre professionnels on va s’en sortir, je garde mon optimisme à tout épreuve, mon enthousiame est intact. Ça n’allait pas durer.
Episode II
“Re-bonjour Mr LGCDLE y a un problème de nom sur mon booking” (voix neutre et pas de formules sophistiquées). L’agent que j’ai en ligne me dit que ce n’est pas grave ça va passer sans problème le jour du départ en escale, y a pas de lézards dans mon costard. Je lui répond aimablement ET poliment, mais bien fermement, que je ne tente même pas le coup en rêve, je sais comment ça se passe en aéroport, donc je ne raccroche pas tant que le nom correct tel qu’il est imprimé sur mon passeport n’est pas dans la réservation. Palabres, négociations, mises en attentes, déballage de l’attirail de diplomatie renforcée. 40 minutes plus tard j’ai un nouveau booking. Sourire de vainqueur et flamme de joie dans les yeux en raccrochant.
Merci Mr LGCDLE je suis sûr désormais qu’on va faire un voyage inoubliable sur vos lignes.
5 secondes plus tard je me rue sur le site de LGCDLE pour mater le booking. Bordel le booking est au nom de Fabrice Mydarlingchouchou et Parker Michel. Des stances impures commencent à irriguer mon cerveau frustré, je sens une certaine vexation et un agacement léger mais ferme m’envahir. Je rappelle LGCDLE.
Episode III
“Re-re-bonjour Mr LGCDLE, je n’ai rien contre les sourds et les simplets mais vous devriez peut-être contacter votre agence de recrutement, je dis ça je ne dis rien.” (bon j’ai pas dit ça mais le ton était assez sec et direct). Je reprends tout à zéro: je me fais relister depuis le début pour moi et Parker. Mises en attentes, épellages avec invitations exhortations à tout me répéter pour être bieeeen sûûûr, explications, diplomatie et résilience sont mes autres prénoms. 35 minutes plus tard j’ai un nouveau booking et arrive même à demander la faveur d’annuler les deux premiers (je sais, je sais, je suis d’une puissance qui force le respect). Je sors une ou deux méchancetés un peu vulgaires en raccrochant hsitoire d’éventer mon énervement.
5 secondes plus tard je me rue sur le site de LGCDLE pour mater le booking. Yééééé Mr Fabrice Michel et Mr Parker Mydarlingchouchou vont à Dubaï! Ah tiens oui mais le mois prochain…
Comme quoi il doit néanmoins exister une divinité de la providence pour les personnes dans mon genre il n’y a pas eu d’épisode 4, j’ai réussi à modifier mon booking-réservation-listing-de ta mère en ligne pour demain et le retour le 10.
Si c’est comme ça à bord demain on est pas prêt de bouffer ou même de s’assoir…
Amitié je chéris ton nom
Une petite note doublée d’une touchante anecdote pour commencer l’année (qu’au passage je vous souhaite sincèrement pleine de bonnes choses dans tous les domaines), qui m’a été rapportée par Mme Mère.
Ma mère à moi vient en effet de perdre une amie -décédée d’un cancer fulgurant- dont les funérailles avaient lieu l’avant-veille de Noël (y a pire comme timing?). Elle s’appelait Madeleine, un très joli prénom. Je pense n’avoir jamais vraiment trop vu la place que tenait cette dame dans la vie de ma mère, on parlait au téléphone des vannes qu’elles s’envoyaient toutes les deux en live et de leurs conversations et je crois ne l’avoir jamais rencontrée bien que Mme ma génitrice me prétende le contraire assez régulièrement: dans une communauté rurale de 200 habitants on a plutôt tendance à tous se connaître… mais là n’est pas mon propos.
J’ajoute en passant que ma maman est une personne qui n’a pas tendance à grandement s’épancher de manière générale (à moins que cela devienne insupportable au tréfonds d’elle-même et là ça sort tout seul d’un coup sans prévenir à un moment inopportun au possible… mais la personne sur qui ça tombe a toujours une oreille pour elle, ma mère a un don en fait!), on a le sens de la dignité et de la discrétion assez développé, dans la famille.
La mère Michel n’a par ailleurs aucune difficulté à exprimer son mécontentement et/ou sa non-satisfaction, parfois bruyamment et vertement si nécessaire, l’une de ces occurrences ferait-elle son apparition. Mais c’est aussi une femme -et je la connais bien- d’une extrême (et j’utilise le terme à dessein) sensibilité, d’une générosité parfois agaçante (“quoi??? tu as donné ces trucs que je t’avais ramenés du Brésil à qui????”) mais surtout d’une gentillesse dont la réputation n’est plus à faire (et au moins aussi grande que ma méchanceté et ma connassitude réunies, c’est dire!): tout le monde dans le patelin chante -à juste titre!- les louanges de Mme Michel qui est “si gentille” (un fermier local) ou “une personne adorable” (l’institutrice du village) “toujours prête à rendre service” (Le maire du Village). En plus elle aime bien rigoler -telle mère, tel fils! Je ne dis pas ça parce que c’est ma mère mais c’est réellement une femme bonne avant d’être une bonne-femme.
Comme je le narrais, je n’ai pas compris combien ma mère était attachée à Madeleine qui vient d’être sacrifiée des pinces d’un vicieux crabe. Discrétion encore et dignité toujours. Solitude face au deuil un peu aussi, peut-être. J’ai appelé la maison hier pour souhaiter une bonne année et c’est là que je me suis rendu compte quelle avait été très ébranlée par ce décès cette mort.
A l’issue des funérailles, m’a't-elle raconté, un Livre Blanc/Livre d’Or était à disposition de tous pour laisser un dernier message à Madeleine.
Madame Michel a juste écrit “C’était mon amie et je l’aimais beaucoup. Liliane Michel.”
C’est la plus simple et la plus belle chose qu’on peut écrire, non? En une pincée de mots elle a dit l’essentiel: Madeleine était mon amie et je voudrais juste dire les sentiments que j’avais pour elle. Simple, to the point. Et vous n’imaginez pas comme cette anecdote que je retournais hier soir en rentrant du travail m’a ému. Plus j’y pensais et plus j’avais presque les larmes qui me montaient aux yeux de penser à ma mère seule avec ce deuil qu’elle n’a pu partager que par cette courte ligne d’écriture, au vu de tous, dans la sincérité la plus authentique. Celle qui vient du coeur, d’un coup, spontanément. J’étais super fier d’elle aussi de produire des diamants brut comme ça au moment où on l’attend le moins (je devrais en prendre de la graine).
Mme Mère ne m’en aurait pas parlé si quelques jours plus tard en prenant le café chez une de ses copines cette dernière ne lui avait confessé sa surprise à la nouvelle d’une telle phrase écrite sur ce genre d’ouvrage (“Mais on écrit pas ça!”). Rien de méchant ou d’agressif mais simplement l’expression d’une génération pour laquelle l’attitude formelle est de rigueur dans ce genre d’événement (religion et éducation à l’ancienne que voulez-vous, et cette copine à ma mère -celle-là je la connais!- est une personne très gentille et authentique qui comme moi n’a peut-être tout bonnement pas compris l’amitié que ma mère avait pour Madeleine).
Je l’ai bien rassurée la petite Mère Michel (je crois vous avoir dit qu’elle n’était pas bien grande dans un autre billet), en lui disant qu’elle avait vraiment bien fait d’écrire ce qu’elle ressentait et qu’au contraire de ce que sa copine peut préférer écrire quant à elle il y a de la beauté à avoir la volonté d’un coeur simple à afficher ses sentiments une dernière fois parce que ça vient des tripes.
…mais la petite ligne “C’était mon amie et je l’aimais beaucoup” ne m’a pas lâché depuis ce coup de fil. Même Parker était un peu remué à l’écoute de cette anecdote (et vénère contre la copine à ma mère qui écrit juste “sincères condoléances” et qui dit ensuite qu’on ne peut pas écrire aux gens morts qu’on les a aimé!) et il a eu le plus beau mot de la fin, il a juste dit que la personne qui reçoit une phrase pareille à ses funérailles n’a vraiment, vraiment pas raté sa vie. Et les Parkerismes c’est aussi joli que le prénom Madeleine…
Mon Plan de Retraite
Le 20 Avril 2038 est une date qui fera figure d’événement. En plus d’être mon anniversaire ce jour béni sonnera mon départ à la retraite. Le date en question m’a été notifiée il y a de cela quelques temps, sur un rapport de mon pension-plan (car oui je pense à mes vieux jours)… ce fût un jour de grande déprime noyée une fois de plus dans l’alcool.
Depuis qu’on est ensemble avec Parker nous en sommes venus à élaborer un scénario génial et d’une vulgarité sans équivalent au sujet de nos vieux jours. Je ne résiste pas à l’envie de nous présenter le projet R et d’en garder à peu de chose près la tournure poétique:
On va s’acheter une petite maison près de la mer. Et quand on sera vraiment croulant on louera les services de deux petits jeunes super sexy et en shorty-débardeur (genre Bel-Ami) pour pousser nos chaises roulantes. On ne pourra plus se rouler dans la fange et la luxure car notre tuyauterie sera hors-service depuis quelques temps déjà (nous n’excluons pas des récents problèmes de prostate), mais on fourrera quelques biftons dans le slips de nos deux employés pour les voir se faire des trucs un peu salace devant nous. Et on les regardera en se souriant.
On demandera aussi à nos deux employés de nous faire des super cocktails et de nous emmener ensuite à la plage pédé. Pendant qu’ils bronzeront leur corps sublimes nous on sera sur nos petites voiturettes, à moitié bourrés, un plaid négligemment posé sur nos genoux cagneux et squelettiques, gentiment parqués dans les dunes, coiffés de bérets ridicules et de lunettes de soleil vintage horripilantes achetées en 2008. Et avec Parker on épiera comme les deux vieilles tapioles qu’on est devenues les ébats en plein air de la faune locale avec de ridicules jumelles, en se marrant comme des bossus et en comparant les mérites des participants du jours. On sera vieux mais on se laissera aller quand même dans les bras du stupre, pas physiquement car avec notre sciatique il faudrait appeler les urgences car c’est trop clair qu’on va rester coincés à un moment ou à un autre, mais car ça nourri le cerveau et réanime de vieux souvenirs alors que l’on était beau et capables des plus coquines fantaisies.
On sera connu de toute la communauté locale comme les deux vieilles follasses et leurs gigolos, et de la communauté gay comme des progressistes libertaires. On poussera même le vice à aller à la messe tous les dimanches avec nos antiques loques couture et communier, sans oublier de faire de l’œil ensuite aux beau messieurs dans le pub local où on ira se jeter un deux cinq quelques godets. On se regardera ensemble des vieux films main dans la main en se remémorant du jour où on les avait vu à leur sortie en salle, on traitera feue Madonna comme une héroïne et ce désormais déchêt de Brad Pitt comme un vieux beau déjà à son 34ème lifting. On ressortira une fois par an à l’occasion du grand nettoyage de printemps de notre petite maison (effectué nu par nos deux employés) des anciens magazines gay pornos en se disant que finalement c’est vrai: les pornos il suffit de les laisser dormir quelques temps et ils retrouvent tout leur fraîcheur. On sera devenu sage mais sans avoir perdu notre personnalité. Et on se marrera tellement à raconter des conneries qu’on s’en décollera la plèvre, et qu’on toussera comme des tuberculeux.
On aura aucune honte aucune à embrasser les fesses rebondies et à fossettes de nos serviteurs mais on ne se montrera plus à poil depuis pas mal d’années déjà. Parce que notre plastique n’est définitivement plus ce qu’elle était et les plis c’est pô très beau, surtout quand on a le cul effondré. On dormira dans la même chambre mais pas dans le même lit ce qui ne nous empêchera pas de nous faire des gros câlins et de nous souhaiter bonne nuit comme aujourd’hui à coups de gros bisous retentissant et à se dire qu’on s’aime et que la vie ensemble c’est trop drôle et agréable (surtout pour Parker depuis qu’Apple a fait faillite et que j’en suis devenu quasiment paraplégique de la zizouille).
Je suis impatient de vieillir avec Parker et de mettre notre projet de retraite à exécution!…
Blogopotes VS Plan Q
Je n’ai malheureusement pas eu d’autre choix que d’envoyer péter plutôt pas très élégamment un très bon ami il y a de cela moins de 24h. Mais c’est lui qui m’y aura forcé ce chameau, à l’issue d’une conversation sur la blogosphère et les rencontres -au demeurant très intéressantes me concernant- que l’on peut y faire… car voyez-vous j’ai des amis plutôt sympa et géniaux mais souvent un peu bornés et très peu habitués à ce que je me rebelle contre leurs opinions; non pas que je n’ai aucune munitions pour contre-attaquer mais bien sincèrement la plupart du temps j’ai mieux à foutre et eux sont contents d’interpréter mon silence pour une victoire… enfin passons, je ne vais pas non plus passer le réveillon sur les amis de Parker qui sont devenus mes amis. Mais ça doit venir du fait qu’ils sont généralement plus âgés que moi et doivent me prendre pour l’idiote sans cervelle de service. Ces réac’.
Petit verbatim raccourci et en français, je ne vous donne que la chute ç’aura duré au moins 30 minutes:
Pote: “- …d’accord Fab mais tu te rends compte ça peut quand même être dangereux ces gens, après tout même si comme tu le dis tu discutes et échange avec eux quasiment tous les jours on ne sait jamais qui c’est! et blah blah blah (mode défenseur de la morale, la bienséance et des bonne manières mode ON)
Fab: – Écoute mon grand, ça fait une demi-heure que ça dure et je vais te dire très franchement que ton argument de merde ne vaut pas un clou! Franchement, venant d’un mec (ndlr: le pote en question avec qui j’ai cet intéressant dialogue) qui va sur le net tous les soirs pour inviter un mec, voire plusieurs parfois si ma mémoire ne me fait pas défaut, à venir couiller avec lui -mecs que le plupart du temps tu ne connais ni d’Ève ni d’Adam je ne m’abuse car choisi sur image et le calibre de leur queue- je trouve ça un peu gonflé en plus de me casser les couilles!!!!!! Alors laisse-moi bloguer et rencontrer mes blogueurs pendant que tu te fais tranquillement sauter et tout le monde est content, ok?
Pote: -…but… well…
Fab: – Ose me regarder dans les yeux et dire que ce n’est pas la même chose et tu décampes de mon salon!!!!
…et après on a passé une délicieuse soirée. Vraiment. Enfin, je veux dire: Really!
Les joies des sports cools et nautiques, by Fabrice. M
J’en suis revenu épuisé mais j’ai tenu le coup après (au moins) 15 essais infructueux -sachant que je progressais à chaque fois, naturellement… enjoy!
Où on reparle de la classe et du bon goût
Une des choses qui m’a réellement surprise en arrivant au Royaume Uni il y a de cela quelques années dans une galaxie far, far away c’est l’omniprésence de la moquette. On en trouve partout, ça commence à l’aéroport (Heathrow par exemple en est garnie de kilomètres carrés…) puis ça vous suit à la fac, au bureaux, on en trouve même dans les salles de bain, ce que je trouve particulièrement anti-hygiénique and dégueulasse. Sortir de la douche pour marcher sur de la moquette, désolé moi je trouve pas ça sain et propre…
Pour ceux qui l’on visitée, la Fabrice-Mansion est garnie de moquette, bon là on peut rien faire c’est un logement de fonction mais j’ai tout de même réussi à faire enlever la moquette de la salle de bain, des chiottes (mais ouiiii!) et d’une partie de la cuisine (oui, vous avez bien lu… la cuisine!) mais pour résumer entre le palier et le premier étage où commence l’appartement proprement-dit il y a… si vous me suivez, de la… moquette. Sale, tâchée, une vraie honte.
Cet engouement tout albion et culturel fait donc que le marché de la moquette est plutôt consistant, et le reflet de leur propriétaire. En effet, on est plus dans le clivage moi j’ai de la moquette car j’ai de la thune / toi t’as pas de thune donc t’as du lino mais dans le clivage moquette haut standing versus moquette de pauvre à bon marché.
C’était il y a quelques semaines en rentrant de Strasbourg. J’avais décidé de rentrer le Vendredi soir car je bossais le lendemain. J’aurais pu prendre un vol tôt le matin et aller directement au siège de la Fabrice-Air Ltd mais bon ça me saoûlait, quoi… j’ai donc laissé ma pote Patsy (toujours aussi belle et momentanément enceinte), bientôt rejoint ce soir-là par Love-Kiné et son inséparable Duchesse au brushing immaculé. Le temps d’aller m’acheter quelques bouteilles au Duty-Free (on ne se refait pas) et hop! deux heures plus tard mon jet me déposait à l’aéroport de Londres-City (et son accueillante moquette!).
Dans le métro, coup de fil de ma copine D (ndlr: alias Bree!) et une invitation à me rendre séance tenante à son domicile pour un cocktail-barbecue improvisé de sa race. “Ouai mais là bon, je descends d’avion je suis avec armes et bagages, fait chier, quoiiiii….!”
Rien n’y a fait, je me suis donc rendu avec mes bagages chez D qui est du coté ostentatoire de la force, moquettement parlant. Très belle maison,beaucoup de trucs design, beaucoup de blanc et beaucoup de moelleuse moquette… un plaisir de marcher pied-nus chez eux!
Je sors du métro, sonne à la porte… “Hellooooo gorgeous!!!! “, en plus sur ce coup-là j’avais mes bouteilles dans ma valoche. La fête allait pouvoir commencer. “Tiens, mmmhwua, entres, attends suis-moi on va stocker ta valise dans le petit cagibi à coté de la cuisine super design que t’en peux plus“. Pour aller au cagibi il faut traverser la maison, et à coté du cagibi il y a l’open-kitchen avec un bar bien rempli (ce soir-là: margharitas-maison qui déchirent suivi d’un très bon rouge (plusieurs bouteilles) qui tache et pousse au crime!).
C’est sortant du cagibi que D a crié. Plutôt gueulé, en fait. “What the fuck is this?“… suivi de “Fabrice, what (the fuck) have you done ?”
C’est vrai que deux lignes parallèles à la merde de chien, empreintes des roulettes de ma valise, maculaient la fabuleuse moquette -blanche, naturellement- de mes hôtes et permettaient de suivre son cheminement depuis leur entrée jusqu’au petit-cagibi-près-de-la-cuisine. Le seul truc qui m’est venu à l’esprit c’est de regarder sous mes chaussures (j’étais content, entre-nous, de ne pas y trouver de merde car Converses en cuir + étrons canins j’aurais été vénère!) et dans un deuxième temps de demander si la moquette était traitée Scotchguard®
Bon je vous rassure tout s’est arrangé et un nettoyeur pro est venu libérer la moquette des derniers vestiges de mes turpitudes quelques jours plus tard. On a réussi en s’y mettant les six à enlever le plus gros, même qu’on a bien rigolé… Bree aussi, c’est dire! Je n’ai même pas eu à payer le nettoyeur, D m’a appelé après qu’il fût parti. Je lui ai quand même demandé si elle voulait une participation, mais non: “C’est bon je sais que tu l’as pas fait exprès et puis ok c’est vrai que ça a mis de l’ambiance toute cette merde bien liquide et odorante finalement… mais ne recommence pas ou tu es banni de ma baraque pour toujours!”…
Aujourd’hui je vous livre l’anecdote car on ne sait jamais, il y a peut-être une personne à qui vous voulez faire un sale coup. Une personne que vous détestez s’il vous plaît, je ne voudrais pas être taxé de mec à l’humour un peu douteux, voire pipi-caca-boudin!