Parker mon héros

Moi, Parker, 8 ans, Prostitué

Friday, July 8th, 2011 | Parkerama | 6 Comments

Soirée un peu foireuse Mardi, avec Parker nous allions sur Regent’s Park à l’Open Air Theatre. En arrivant sur place, nos bouteilles et sandwich au saumon fumé en bandoulière, il s’est mis à pleuvoir. Un vrai déluge. Alors on a fait demi-tour; on s’en foutait on avait pas payé nos billets, et on s’est ouvert une bonne bouteille de blanc pour accompagner nos casse-dalles devant un dvd, bien serrés l’un contre l’autre.

Nous allions voir “The Beggar’s Opera”, dont pour être honnête je ne connais même pas le synopsis, je comptais me renseigner en arrivant. Mais sur le trajet Parker me racontait que cette oeuvre -très avant-gardiste d’après lui- fût également le récipient de sa première apparition publique sur scène quand il avait 8 ans. Une production scolaire (dans une école qui avait des moyens, ndlr)

 Fab: – Trop choupi, et tu tenais quel rôle?
Parker: – Lady of the night.

(Silence. Regard medusé de ma part)

Fab: – Attends là,  à 8 ans on t’a donné un rôle de fille légère te-pu?
Parker: – Yes, j’avais plein de maquillage et un éventail, j’étais trop fier, et content d’être sur scène, une vraie petite trainée avec des tonnes de rouge à lèvre… le pire c’est que ça faisait rire mes parents et ma tante quand ils me demandaient quel rôle j’avais tenu. Car bien sûr je n’avais aucune idée de ce qu’une “lady of the night” était ou ce que cela signifiait…

Fab: – Donc ton prof/metteur en scène t’a vu à 8 ans et s’est immédiatement dit “le petit Parker, là, au deuxième rang, il fera une pute sublime! ”
Parker: – Yes mais je te répète que je ne savais pas de quoi il s’agissait!
Fab:  (sourire et yeux en l’air) – Quel pays mon Dieu, de la rétention anale à s’en craquer les vertèbres mais no problemo quand  il faut donner le rôle d’une pute à un môme de 8 ans!

Le pire c’est que Parker n’a même pas eu l’air de comprendre d’où je voulais en venir, le coup de la Boarding School (boys-only!) avec des mômes mis quasiment sur le marché de la prostitution à 8 ans. Ferais-je de la rétention anale? À moins qu’il s’agisse d’une crise de politiquement correct… (ce type et ses pépites anecdotiques valent grave trop des points!)

Tags: , , ,

La Dernière Image (2/2)

Wednesday, June 29th, 2011 | Fabriché Mansion, Parkerama, Rosbif life | 15 Comments

(suite de l’Épisode 1, donc)

Vers 19:45, dans le taxi qui ramenait mon jules et notre pote vers la maison histoire de se péter la panse pendant que moi j’allais me faire opérer de la mienne (de panse) l’iPhone de Parker sonne. “Allô? C’est St Thomas’ Hospital, oui c’est au sujet de Fabrice, sa condition vient de se détériorer de manière subite et dramatique…

Car le méchant ulcère dans un acte de bravoure malsaine a décidé de lâcher plutôt que de se rendre. D’où perforation de l’intestin, fluides digestifs et caca qui se répandent dans l’abdomen en plus du sang vicié qui s’y trouve déjà. L’estomac  répond en provoquant des vomissements par spasmes dont une bonne partie va se loger dans les poumons. Et Septicémie, et péritonite. Enfin, le plus important, mon cœur, encore lui, s’arrête. On passe sur ce qu’ont pris les reins, le foie et le cerveau (plus la crise cardiaque quelques heures avant, don’t forget).
Le reste je ne m’en souviens plus, je me suis évanoui sous l’intensité de la douleur. C’est Parker qui m’a raconté ce que l’équipe soignante lui a rapporté à son arrivée:  On m’a réanimé, stabilisé, opéré puis plongé dans le coma en baissant ma température à 33 degrés Celsius pour limiter tout dommage neurologique (déjà que j’étais pas aidé dans la vie à ce niveau!).

Le pronostic est réservé, en chiffres on lui dit que ça tourne autour du 25% de chance de survie, 15-20% avec un cerveau intact. Nos amis partout dans le monde et ma famille sont prévenus par Parker. On dit à ma mère que “ce serait mieux qu’elle vienne”. Les amis proches localement se dévouent pour aider, traduire, donner un coup de main pour la logistique. On attend que le verdict de mon décès tombe, puisque c’est le scénario le plus probable.

Le Lundi matin on décide d’arrêter Hibernatus pour ramener ma température au confortable 37 degrés. La sédation est stoppée en soirée, vers 23:00. S’il reste de l’espoir, dans les deux heures suivant l’arrêt du coma mon corps peut reprendre une partie du relai des machines et de là je me réveille. Ou pas.
Toujours vers 23:15 ce Lundi soir je suis dans l’obscurité la plus totale, et j’entends du bruit. J’ai l’impression d’arriver de très très loin. Un peu comme un atterrissage en douceur tout de suite après une zone d’épais nuages, mais porté par une incroyable énergie (Anne c’est de ça dont je pourrais parler pendant des heures, cette sensation d’avoir été “déposé” par l’énergie de toutes ces bonnes vibrations). Au lieu des deux heures réglementaires je me réveille au bout de 2 minutes 15 secondes chrono (admiration et respect total de l’équipe soignante: “on a jamais vu ça!”). Je réussi enfin à ouvrir les yeux, en “poussant” mes paupières. En guise de premier réflexe j’arrache le tube à oxygène de ma trachée, brusquement.

Il y a plein de gentilles madames au-dessus de ma tête qui me mettent un masque à oxygène qui couvre mon nez et ma bouche. J’ai peur. J’ai froid. Une d’entre elle me tient la main et me demande mon nom: “Fabrice Michel” que je réponds (dans une petite voix murmurée, rauque et faible), ma date de naissance? “20th April 1973” (yes, en anglais), et est-ce que je sais où je suis? Je réfléchis et fonds en larmes, non je ne sais pas où je suis et j’ai encore plus peur car je n’ai pas la réponse. On me dit que “Parker va venir” et je pleure de plus belle, à gros sanglots (je dois vous l’avouer que je pleure un petit peu aussi en tapant ma note là, y a plein de trucs qui me reviennent…). J’entends aussi quelqu’un me dire “you have been sleeping for two days, luv!…” avec un accent un peu cockney délicieusement rassurant. C’est bien ma planète, c’est déjà ça.
J’ai dû me rendormir quelques instants car en rouvrant les yeux il était là, Parker le magnifique. On pleurait (moi je hoquetais comme un môme tellement j’étais épuisé et je pleurais, et avec un masque à oxygène c’est vraiment pas facile de chialer!), il m’embrassait il n’arrêtait pas de me caresser le visage et les cheveux, sa tête près de la mienne. Moi je lui répétais “I am sure of you” (je venais de relire le bouquin de Maupin en Floride, je voulais juste lui dire que c’est l’homme de ma vie). C’était parait-il la teuf dans l’unité de soins intensifs, les infirmiers et infirmières en larmes devant tant de romantisme. Les médecins susurrèrent le mot “miracle”…

Je passe sur la semaine en soins intensifs, mes attouchements le lendemain sur moi-même pour découvrir toutes ces perfusions, ces sondes, ces cathéters (surtout celui dans la zizouille, mein Gott quelle horreur…), ces tuyaux, et la balâfre de 15cm agrafée sur mon ventre. Le délirium tremens phénoménal -surtout la nuit- provoqué par la morphine (moins drôle ceci-dit quand on l’arrête et qu’il faut vaincre l’addiction), les hallucinations non-stop (genre tu veux aller à Cannes? Mais regardes-moi que je claque les doigts ça y est on y est que c’est grave trop réel quoi!). C’est aussi le pays où un tout petit pet discret se transforme en tragédie. Bref 2 semaines de travail parfois acharné de ma part pour sauver ma peau. Il n’y a rien à admirer, c’est une question toute simple de survie. J’ai aussi compris qu’en me réveillant j’avais eu le choix: celui de vivre (et se battre) ou de repartir dans le noir.

Enfin, je revois le visage de ma mère le Mardi soir (le 8 Mars donc), avec mon frère, à mon chevet, tout frais descendus de l’Eurostar. Qui prenaient sur eux pour masquer leur peur et leur chagrin de me voir aussi amoché, aussi pitoyable et encore en danger (ce que je ne savais pas). Je suis allé dire bonjour et merci aux soins intensifs il y a 3 semaines à St Thomas, et c’est aussi à elle que j’ai pensé en parcourant ce long couloir, et comme elle a dû se demander “dans quel état vais-je le trouver?”
Je revois aussi le visage de Dominique, Hervé et Jorge. Je disais parfois pour plaisanter en parlant d’eux que nous  c’était “à la vie à la mort” avec mes partners in crime. Je ne croyais pas si bien dire. Ils ont soulagé Parker, organisé la venue de ma famille, aidé, expliqué, traduit, guidé, distrait, accompagné… ils sont mes héros, pour toujours.
Je revois bien sûr Anne et Tidou, et mes larmes à leur vue, et mon admiration pour leur détermination à tout lâcher pour être là. Je crois pouvoir encore sentir leurs mains respective et leurs baisers sur mon front. De la gonzesse authentique du meilleur calibre, mes copines de lycée.

J’arrête ici, abruptement. Ce blog peut reprendre son cours normal, fin de l’invendable scénario.

Tags: , , , , , ,

La Dernière Image (1/2)

Monday, June 27th, 2011 | Fabriché Mansion, Rosbif life | 16 Comments

Le retour après une courte absence (si, si, c’était court!) bloguesque. Cela me titillait depuis pas mal de temps mais finalement je crois que l’envie d’écrire des conneries est en train de revenir tout doucement. Qui plus est ma vie a récemment changé: certains ne trouveront peut-être pas ce premier jet de billets très joyeux, mais je vous jure que d’ores et déjà nous avons réussi à plaisanter et rire à gorge déployée sur ce sinistre épisode que je vous livre aujourd’hui (et demain peut-être pour la suite). C’est aussi une manière d’évacuer (mais je n’y crois pas trop) mais surtout de remercier publiquement certains et certaines qui sont depuis devenus dans mon petit Panthéon mes héros personnels. Merci également d’éviter les commentaires graveleux, c’est du passé et tout est bien qui finit bien.



Avec Parker on se réfère à l’image qui illustre ce billet comme “la dernière photo“. Je l’avais mise sur Facebook avec la cosmopolite légende “Joie de vivre!” le 26 Février dernier, juste après qu’elle fut prise depuis mon téléphone. Avec Parker on était à Miami pour 4 jours, on prenait des cocktails, on arrivait de Contadora et Panama-City, probablement les grave plus belles vacances qu’on aie jamais passées tous les deux. On l’appelle “the last picture” car c’est la dernière photo de moi prise avant le 5 Mars 2011. La date est devenue une frontière, on sait toujours maintenant quand on raconte ou se souvient d’un truc si c’est avant ou après le 5 Mars 2011…

Car le 5 Mars 2011 -promis j’essaie de ne pas tomber dans le pathos- c’est le jour où Parker, après que Fabrice ait quasiment passé 24 heures à agoniser avec une douleur aiguë dans l’abdomen (et je veux pas me vanter mais je suis pas une chochotte avec la douleur), un teint verdâtre et une nuit blanche, a dit “on arrête les frais j’appelle une ambulance…” il était midi et demie.

C’est le jour où le paramedics, dans l’ambulance qui -nous le pensions- m’emmenait à St Mary’s Hospital sur Paddington (“Plus pratique pour les visites” dixit Parker avec son pragmatisme tout britannique) m’a déclaré sur un ton étonné par sa découverte “Vous êtes en train de faire une crise cardiaque, demi-tour on vous emmène sur St Thomas’ Hospital qui a la meilleure Coronary Unit.” J’étais déjà sous morphine et oxygène et j’ai gardé mon calme. En plus une news comme ça c’est tellement gros je crois que je n’ai franchement trop pas saisi la gravité de la situation… c’est aussi depuis ce jour que j’ai le cœur qui se serre (sans jeu de mot) chaque fois que je vois une ambulance foncer au mileu des voitures, signal sonore à donf’.

C’est le jour où en arrivant à l’hosto façon “Urgence” (inclue l’option “portes qui s’ouvrent avec fracas quand le brancard fonce dedans!”) on m’a dit “on va opérer tout de suite, on va vous insérer un stent au cœur via l’artère fémorale, par la cuisse quoi!“. Une dame s’affairait déjà à découper mon pull… je m’en rappelle  -c’était sous anésthésie locale- par bribes (je pense faire un billet dédié entièrement à la morphine-mon-amour un de ces quatres). Surtout la gentille Madame qui m’a montré sur un moniteur mon cœur “avant” (moche et surmené) et “après” (régénéré et souriant du ventricule) avec une jolie petite bague façon piercing dans une artère sur le ventricule gauche. J’ai le ventricule qui passe grave bien à la télé.

C’est également le jour où un scanner (dont je ne me rappelle absolument pas) a ensuite montré un saignement de l’intestin dans l’abdomen (qui aurait amené à un épaississement du sang de taré, dixit les docteurs, et provoqué l’épisode cardiaque). Et que j’ai rencontré mon chirurgien-du-bidon indien qui m’a dit que tout ça c’était la faute d’un vilain ulcère du duodénum au stade adulte et au maximum de ses capacités pas gentil du tout, et passé depuis quelques heures du coté obscur de la force après avoir aplati la rébellion. De la gentillesse et de la compassion à l’état brut le chirurgien, vraiment une belle personne. J’étais dans le cirage mais je n’oublierai jamais quand il m’a pris la main et m’a dit “tout va bien se passer” (quoique nous le verrons, il a méchamment raté une opportunité de la fermer). L’idée étant de faire deux petits trous de rien du tout, colmater la fuite à l’intérieur en recousant, et refermer. Plus une bonne cure d’antibios pour lacérer la méchante bactérie qui accouche des ulcères qui passent du coté obscur. Tout bénèf’ et pas de cicatrices. Easy!

Parker -qui n’avait pas pu venir dans l’ambulance du fait d’une obligation professionnelle- est arrivé à ce moment là. Vers 17:30. Je lui ai dit fièrement “on vient de m’opérer du cœur, on repart pour  une opération du bidon en soirée. I love my life…” Il a souri, il m’a embrassé. J’étais vraiment content de voir enfin un visage familier, depuis 12:30 que je gérais tout seul. Il est ensuite allé voir le personnel soignant histoire d’être un peu mieux briefé que par sa junkie de french sauterelle sous morphine…

Vers 19:30 Parker est revenu à mon chevet avec un de nos amis. On s’est embrassés. J’étais grave crâmé du cerveau à cause de la morphine, ma vision était passée en noir et blanc. Ils m’ont souhaité bonne chance pour l’opération et une bonne nuit. Parker serait là pour le réveil post-opératoire. Et ils sont sorti prendre un taxi pour aller dîner dans le petit bar à tapas en face de la Fabriché-Mansion.

(…to be continued )

 

Tags: , , , , , ,

Back in the Game!!!!

Je l'admets j'étais un peu bourré mais j'étais avec mon chéri, mes potes et mes co-étudiants et ce document coûte la bagatelle de £7000!

Alors dans l’ordre absolument pas chronologique:

- J’avais cassé mon blog (genre tout était lô mais j’arrivais plus à y accéder que même j’ai eu hyper peur)
- Mon blog il est réparé (que même que j’ai tout réinstallé tout seul que j’ai eu hyper peur)
- Apparemment mon blog servait à vendre des substances qui rendent le phallus plus dur et plus longtemps (c’est mon hébergeur qui me l’a dit et m’a même menacé de suspendre ce blog que j’ai envoyé un mail bien pommé tu peux me croire!… mais je dois admettre que sur le coup j’ai eu hyper peur)
- Je ne vais plus à l’école depuis Jeudi dernier. Ma graduation était trop de la balle de sa mère je suis arrivé 5ème, t’y crois toi? Avec en plus la mention spéciale du jury “étudiant qui donnait tous les signes de trop se planter et ben que nenni non point il se les a sorti et il a bossé comme une brute! (n’empêche que j’ai passé toute la journée à psychoter même que je me suis engueulé avec Parker alors que c’était son anniversaire. J’ai eu hyper peur)
- Je pense renommer ce blog “Absolut Raspberries and Tonic”  car je viens de découvrir ce mélange et mine de rien l’addiction me guette et j’ai trop hyper peur (un peu)…
- Ma libido est dans une passe intense qui me faire hyper peur (et à Parker aussi mais il a l’air de bien tiendre le coup)
- Je suis donc un Graphic Designer (que même que j’ai un certificat pour le prouver. T’as hyper peur là, hein?)

Je suis reviendu!!!!!!!

Je suis un Graphic Designer!!!!!!

World peace!!!!!

…et bientôt mon site de graphic design qui nique sa race!!!!! (teaser)

Tags: , , , , , , , , , , ,

37th Birthday “Glee” Special

C’est mon cadeau!… si vous aimez “Glee” moi je me paie Sue Sylvester pour mon anniv’
(Son adaptation du rap final m’a presque fait me pisser dessus). Vogue is alive, Vogue is Fabrice. M. Foreva!… et Happy Birthday to me, sans Parker qui est coincé au Portugal mais on s’en fout on a du champagne!

Tags: , , , , , ,

Rhaaaaaaaa!!!

Thursday, January 28th, 2010 | D'Appleries en Wordpressing | 5 Comments

…mais promis, comme me l’a conseillé Tatie Chondre (qui se débat en ce moment avec Windows 7, trop la te-hon), on achète qu’à la 2ème release!
(je bave, même Parker en veut un nan mais vous vous rendez compte?)

Tags: , , , , , , ,

Amitié je chéris ton nom

Saturday, January 2nd, 2010 | Fabriché Mansion | 5 Comments

Une petite note doublée d’une touchante anecdote pour commencer l’année (qu’au passage je vous souhaite sincèrement pleine de bonnes choses dans tous les domaines), qui m’a été rapportée par Mme Mère.

Ma mère à moi vient en effet de perdre une amie -décédée d’un cancer fulgurant- dont les funérailles avaient lieu l’avant-veille de Noël (y a pire comme timing?). Elle s’appelait Madeleine, un très joli prénom. Je pense n’avoir jamais vraiment trop vu la place que tenait cette dame dans la vie de ma mère, on parlait au téléphone des vannes qu’elles s’envoyaient toutes les deux en live et de leurs conversations et je crois ne l’avoir jamais rencontrée bien que Mme ma génitrice me prétende le contraire assez régulièrement: dans une communauté rurale de 200 habitants on a plutôt tendance à tous se connaître… mais là n’est pas mon propos.

J’ajoute en passant que ma maman est une personne qui n’a pas tendance à grandement s’épancher de manière générale (à moins que cela devienne insupportable au tréfonds d’elle-même et là ça sort tout seul d’un coup sans prévenir à un moment inopportun au possible… mais la personne sur qui ça tombe a toujours une oreille pour elle, ma mère a un don en fait!), on a le sens de la dignité et de la discrétion assez développé, dans la famille.

La mère Michel n’a par ailleurs aucune difficulté à exprimer son mécontentement et/ou sa non-satisfaction, parfois bruyamment et vertement si nécessaire, l’une de ces occurrences ferait-elle son apparition. Mais c’est aussi une femme -et je la connais bien- d’une extrême (et j’utilise le terme à dessein) sensibilité, d’une générosité parfois agaçante (“quoi??? tu as donné ces trucs que je t’avais ramenés du Brésil à qui????”) mais surtout d’une gentillesse dont la réputation n’est plus à faire (et au moins aussi grande que ma méchanceté et ma connassitude réunies, c’est dire!): tout le monde dans le patelin chante -à juste titre!- les louanges de Mme Michel qui est “si gentille” (un fermier local) ou “une personne adorable” (l’institutrice du village) “toujours prête à rendre service” (Le maire du Village). En plus elle aime bien rigoler -telle mère, tel fils! Je ne dis pas ça parce que c’est ma mère mais c’est réellement une femme bonne avant d’être une bonne-femme.

Comme je le narrais, je n’ai pas compris combien ma mère était attachée à Madeleine qui vient d’être sacrifiée des pinces d’un vicieux crabe. Discrétion encore et dignité toujours. Solitude face au deuil un peu aussi, peut-être. J’ai appelé la maison hier pour souhaiter une bonne année et c’est là que je me suis rendu compte quelle avait été très ébranlée par ce décès cette mort.

A l’issue des funérailles, m’a't-elle raconté, un Livre Blanc/Livre d’Or était à disposition de tous pour laisser un dernier message à Madeleine.

Madame Michel a juste écrit “C’était mon amie et je l’aimais beaucoup. Liliane Michel.
C’est la plus simple et la plus belle chose qu’on peut écrire, non? En une pincée de mots elle a dit l’essentiel: Madeleine était mon amie et je voudrais juste dire les sentiments que j’avais pour elle. Simple, to the point. Et vous n’imaginez pas comme cette anecdote que je retournais hier soir en rentrant du travail m’a ému. Plus j’y pensais et plus j’avais presque les larmes qui me montaient aux yeux de penser à ma mère seule avec ce deuil qu’elle n’a pu partager que par cette courte ligne d’écriture, au vu de tous, dans la sincérité la plus authentique. Celle qui vient du coeur, d’un coup, spontanément. J’étais super fier d’elle aussi de produire des diamants brut comme ça au moment où on l’attend le moins (je devrais en prendre de la graine).

Mme Mère ne m’en aurait pas parlé si quelques jours plus tard en prenant le café chez une de ses copines cette dernière ne lui avait confessé sa surprise à la nouvelle d’une telle phrase écrite sur ce genre d’ouvrage (“Mais on écrit pas ça!”). Rien de méchant ou d’agressif mais simplement l’expression d’une génération pour laquelle l’attitude formelle est de rigueur dans ce genre d’événement (religion et éducation à l’ancienne que voulez-vous, et cette copine à ma mère -celle-là je la connais!- est une personne très gentille et authentique qui comme moi n’a peut-être tout bonnement pas compris l’amitié que ma mère avait pour Madeleine).

Je l’ai bien rassurée la petite Mère Michel (je crois vous avoir dit qu’elle n’était pas bien grande dans un autre billet), en lui disant qu’elle avait vraiment bien fait d’écrire ce qu’elle ressentait et qu’au contraire de ce que sa copine peut préférer écrire quant à elle il y a de la beauté à avoir la volonté d’un coeur simple à afficher ses sentiments une dernière fois parce que ça vient des tripes.

…mais la petite ligne “C’était mon amie et je l’aimais beaucoup” ne m’a pas lâché depuis ce coup de fil. Même Parker était un peu remué à l’écoute de cette anecdote (et vénère contre la copine à ma mère qui écrit juste “sincères condoléances” et qui dit ensuite qu’on ne peut pas écrire aux gens morts qu’on les a aimé!) et il a eu le plus beau mot de la fin, il a juste dit que la personne qui reçoit une phrase pareille à ses funérailles n’a vraiment, vraiment pas raté sa vie. Et les Parkerismes c’est aussi joli que le prénom Madeleine…

Tags: , , , ,

Mon Plan de Retraite

Saturday, August 29th, 2009 | Parkerama | 19 Comments

Gay CakeLe 20 Avril 2038 est une date qui fera figure d’événement. En plus d’être mon anniversaire ce jour béni sonnera mon départ à la retraite. Le date en question m’a été notifiée il y a de cela quelques temps, sur un rapport de mon pension-plan (car oui je pense à mes vieux jours)… ce fût un jour de grande déprime noyée une fois de plus dans l’alcool.

Depuis qu’on est ensemble avec Parker nous en sommes venus à élaborer un scénario génial et d’une vulgarité sans équivalent au sujet de nos vieux jours. Je ne résiste pas à l’envie de nous présenter le projet R et d’en garder à peu de chose près la tournure poétique:

On va s’acheter une petite maison près de la mer. Et quand on sera vraiment croulant on louera les services de deux petits jeunes super sexy et en shorty-débardeur (genre Bel-Ami) pour pousser nos chaises roulantes. On ne pourra plus se rouler dans la fange et la luxure car notre tuyauterie sera hors-service depuis quelques temps déjà (nous n’excluons pas des récents problèmes de prostate), mais on fourrera quelques biftons dans le slips de nos deux employés pour les voir se faire des trucs un peu salace devant nous. Et on les regardera en se souriant.

On demandera aussi à nos deux employés de nous faire des super cocktails et de nous emmener ensuite à la plage pédé. Pendant qu’ils bronzeront leur corps sublimes nous on sera sur nos petites voiturettes, à moitié bourrés, un plaid négligemment posé sur nos genoux cagneux et squelettiques, gentiment parqués dans les dunes, coiffés de bérets ridicules et de lunettes de soleil vintage horripilantes achetées en 2008. Et avec Parker on épiera comme les deux vieilles tapioles qu’on est devenues les ébats en plein air de la faune locale avec de ridicules jumelles, en se marrant comme des bossus et en comparant les mérites des participants du jours. On sera vieux mais on se laissera aller quand même dans les bras du stupre, pas physiquement car avec notre sciatique il faudrait appeler les urgences car c’est trop clair qu’on va rester coincés à un moment ou à un autre, mais car ça nourri le cerveau et réanime de vieux souvenirs alors que l’on était beau et capables des plus coquines fantaisies.

On sera connu de toute la communauté locale comme les deux vieilles follasses et leurs gigolos, et de la communauté gay comme des progressistes libertaires. On poussera même le vice à aller à la messe tous les dimanches avec nos antiques loques couture et communier, sans oublier de faire de l’œil ensuite aux beau messieurs dans le pub local où on ira se jeter un deux cinq quelques godets. On se regardera ensemble des vieux films main dans la main en se remémorant du jour où on les avait vu à leur sortie en salle, on traitera feue Madonna comme une héroïne et ce désormais déchêt de Brad Pitt comme un vieux beau déjà à son 34ème lifting. On ressortira une fois par an à l’occasion du grand nettoyage de printemps de notre petite maison (effectué nu par nos deux employés) des anciens magazines gay pornos en se disant que finalement c’est vrai: les pornos il suffit de les laisser dormir quelques temps et ils retrouvent tout leur fraîcheur. On sera devenu sage mais sans avoir perdu notre personnalité. Et on se marrera tellement à raconter des conneries qu’on s’en décollera la plèvre, et qu’on toussera comme des tuberculeux.

On aura aucune honte aucune à embrasser les fesses rebondies et à fossettes de nos serviteurs mais on ne se montrera plus à poil depuis pas mal d’années déjà. Parce que notre plastique n’est définitivement plus ce qu’elle était et les plis c’est pô très beau, surtout quand on a le cul effondré. On dormira dans la même chambre mais pas dans le même lit ce qui ne nous empêchera pas de nous faire des gros câlins et de nous souhaiter bonne nuit comme aujourd’hui à coups de gros bisous retentissant et à se dire qu’on s’aime et que la vie ensemble c’est trop drôle et agréable (surtout pour Parker depuis qu’Apple a fait faillite et que j’en suis devenu quasiment paraplégique de la zizouille).

Je suis impatient de vieillir avec Parker et de mettre notre projet de retraite à exécution!…

Tags: , , , , , , , , , , ,

Télégramme

discovermajorca.com coveParti à Majorque célébrer l’anniversaire de mon chéri avec les keupines, une villa pour les mettre dedans, piscine pour s’y baigner et yach pour rigoler. Pas sur d’avoir du wifi. Retour Mardi prochain avant de partir à Los Angeles le 31 Juillet pour la rentrée du Gin and Tonic World Tour®. Vous embrasse. Soyez pas sage.

Bisous
Yours Truly

Fab xxx

Tags: , , , , , , , , , ,

En route pour nos terres, doux Sire!

Sunday, May 24th, 2009 | One Big Happy Family | 12 Comments

J’ai eu une semaine de merde, j’en peux plus et rien ne vaut les copains (voir la rubrique “One Big Happy Family” qui ne parle que d’eux sur ce blog) pour décompresser…
Alors on se retrouve dans la capitale de la Franche-Comté, Besançon dans quelques heures ou demain puis à Strasbourg à partir de Mercredi. Grâce à Parker on est déjà à la bourre (valise pô prête as I write!) ce qui me laisse le temps de poster un petit billet… j’en suis presque à souhaiter un petit retard du jet de la Fabrice-Air Ltd pour être sûr de ne pas le rater!

Patsy Stone, Love-Kiné, Mr President, Epony Rae and Ze Duchesse préparez les bouteilles!

besancon

Tags: , , , ,

Archives