Cinéma

Tintin and Me

Monday, November 7th, 2011 | Rosbif life | 6 Comments

Depuis le temps que je saoûle tout le monde avec Tintin, qui était ma deuxième cible après avoir vu l’innénarable Margaret Cho qui passait à Londres il y a de cela quelques semaines; l’annonce d’une adaptation par Steven Spielberg constituait donc en soi un événement. Ceci tombe d’autant plus à pic que Parker m’avait offert l’intégrale des albums, en français ET avec couverture cartonnée lors du dernier Noël. Probablement un des plus cadeaux que j’aie jamais reçu et la preuve que malgré mes plaintes répétées j’ai un jules qui m’écoute m’obéit m’entend (ma collection que j’avais depuis que j’étais petiot a brûlée quelques mois avant mon déménagement à Londres, le pyromane court toujours…).

Je suis donc allé retrouver l’idôle de ma jeunesse dans une salle de l’Odeon sise sur Marble Arch. J’ajoute que c’était en 3D. Perso je suis pas un grand fan de la 3D -marrant les 5 premières minutes mais fatigant et dont les effets s’estompent rapidement me concernant- mais j’étais avec un pote qui ne pouvait pas se libérer pour la projection en format vintage de 18:30… on a chaussé nos bésicles et vogue strike a pose la galère!

(à partir de là il peut y avoir du spoiler, you enter at your own risks!)

Premières impressions plutôt bonnes à la vue du générique dont le graphisme claque sa chatte et de la première scène du film que j’ai trouvée émouvante. Spielberg à l’évidence est tintinophile et a su re-créer et convertir de manière très vivide les décors des albums. On pense un peu à Dick Tracy, qui voulait reprendre la qualité graphique des comics dont il était issu. Les enchainements entre les scènes à mon humble avis sont simplement du domaine du génie, ainsi que certains mouvements de caméra. L’ambiance est bien restituée, chaussé de mes lunettes je contemple l’écran la bouche grande ouverte: “-Quand Fabrice content, lui toujours faire ainsi!”

J’avais saoulé prévenu tout le monde depuis des semaines: “Si “ILS” changent et détruisent l’histoire je vais salement ruer dans les brancards, ce serait une honte, non mais tu rends compte etc etc… et je devrais noyer mon chagrin dans l’alcool car je serais incapable me remettre d’une déception pareille.”
Bingo l’histoire n’est pas du tout restituée dans son intégralité et la fidélité au “Secret de la Licorne” est ma foi relative; bien que les grands moments -notamment la rencontre entre François de Haddock et Rackham le Rouge lors de l’abordage de La Licorne, narrée par le Capitaine Haddock- y soient. Spielberg donne à Mr Sakharine -personnage à la limite du nobody dans l’album éponyme- un rôle central à l’intrigue. L’aventure du “Crabe aux Pinces d’Or” , qui s’entremêle avec l’intrigue Licornienne, est très bien rendue.
Néanmoins j’ai cru donc faire une crise d’hystérie en plein cinéma et dénoncer la haute trahison de Steven Spielberg et sa bande de capitalistes corrompus.Arlette revival et toussa… passque c’est p’têt beau mais c’est pô fidèle!!!!! J’en étais à appeler la Court Martiale ET l’Inquisition depuis mon iPhone…

Sauf que. Sauf qu’en y réfléchissant bien tout le monde ne connait pas le monde de Tintin (et c’est un manque dont on devrait avoir honte, Madame! parfaitement: honte!). Tout le monde n’a pas cette familiarité avec cet univers. C’est -peut-être- donc une manière plutôt fine et intelligente d’amener le tout à la manière d’une introduction. J’attends néanmoins des prochains films une adhérence aux originaux un peu plus poussée!

Sinon, mention spéciale aux personnages d’Allan Thomson, la Castafiore, Les Dupondt et Nestor, magnifiquement campés et rendus. Par contre Milou est pathétique et ne parle pas (drame de la soirée: le Capitaine Haddock n’a pas la voix de mon père, voix que je lui ai toujours imaginée…).
On peut noter que Spielberg a présenté le décor et introduit tous les personnages-clés de Tintin. Ne manque que le Pr Tournesol, qui originellement apparait dans la suite du “Secret de la Licorne”, à savoir “Le Trésor de Rackham Le Rouge” dont la fin -mille sabords de nom de Dieu de bordel de bachi bouzouk de ta mère- est insérée dans le film. Ce qui me panique un peu quand à la suite… Dieu merci il me reste le vin rouge et Albator ze Movie sous peu.

Pour conclure je dirais que c’était bien, point. Je donne au global un 6.5/10 pour le rendu proche des albums, les personnages que j’ai préférés et l’univers graphique proche des albums qui se dégage du film. J’aurais voulu une adaptation fidèle avec les mêmes moyens mis à disposition pour ce film qui somme toute s’en sort bien -je sais, on sent que ça me coûte de l’admettre. C’est tout de même jouissif de voir son héros “en vrai” à grand renfort de coûteuses technologies…
J’espère juste que ceux qui ne connaissaient pas Tintin ne ne deviennent déçu par la différence d’intrigue et l’innocence juvénile teintée de bons sentiments du héros en ouvrant ses albums. Enfin, je note qu’en VO les voix des personnages transpirent d’un anglais britannique mâtinée d’accents écossais ou middle-class. Le moyen ultime pour d’indiquer que Tintin vient bien d’Europe. Je lui souhaite bonne chance en Décembre lorsqu’il se montrera au Nouveau Monde.

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