Parkerama
Moi, Parker, 8 ans, Prostitué
Soirée un peu foireuse Mardi, avec Parker nous allions sur Regent’s Park à l’Open Air Theatre. En arrivant sur place, nos bouteilles et sandwich au saumon fumé en bandoulière, il s’est mis à pleuvoir. Un vrai déluge. Alors on a fait demi-tour; on s’en foutait on avait pas payé nos billets, et on s’est ouvert une bonne bouteille de blanc pour accompagner nos casse-dalles devant un dvd, bien serrés l’un contre l’autre.
Nous allions voir “The Beggar’s Opera”, dont pour être honnête je ne connais même pas le synopsis, je comptais me renseigner en arrivant. Mais sur le trajet Parker me racontait que cette oeuvre -très avant-gardiste d’après lui- fût également le récipient de sa première apparition publique sur scène quand il avait 8 ans. Une production scolaire (dans une école qui avait des moyens, ndlr)
Fab: – Trop choupi, et tu tenais quel rôle?
Parker: – Lady of the night.(Silence. Regard medusé de ma part)
Fab: – Attends là, à 8 ans on t’a donné un rôle de
fille légèrete-pu?
Parker: – Yes, j’avais plein de maquillage et un éventail, j’étais trop fier, et content d’être sur scène, une vraie petite trainée avec des tonnes de rouge à lèvre… le pire c’est que ça faisait rire mes parents et ma tante quand ils me demandaient quel rôle j’avais tenu. Car bien sûr je n’avais aucune idée de ce qu’une “lady of the night” était ou ce que cela signifiait…Fab: – Donc ton prof/metteur en scène t’a vu à 8 ans et s’est immédiatement dit “le petit Parker, là, au deuxième rang, il fera une pute sublime! ”
Parker: – Yes mais je te répète que je ne savais pas de quoi il s’agissait!
Fab: (sourire et yeux en l’air) – Quel pays mon Dieu, de la rétention anale à s’en craquer les vertèbres mais no problemo quand il faut donner le rôle d’une pute à un môme de 8 ans!
Le pire c’est que Parker n’a même pas eu l’air de comprendre d’où je voulais en venir, le coup de la Boarding School (boys-only!) avec des mômes mis quasiment sur le marché de la prostitution à 8 ans. Ferais-je de la rétention anale? À moins qu’il s’agisse d’une crise de politiquement correct… (ce type et ses pépites anecdotiques valent grave trop des points!)
La Dernière Image (2/2)
(suite de l’Épisode 1, donc)
Vers 19:45, dans le taxi qui ramenait mon jules et notre pote vers la maison histoire de se péter la panse pendant que moi j’allais me faire opérer de la mienne (de panse) l’iPhone de Parker sonne. “Allô? C’est St Thomas’ Hospital, oui c’est au sujet de Fabrice, sa condition vient de se détériorer de manière subite et dramatique…”
Car le méchant ulcère dans un acte de bravoure malsaine a décidé de lâcher plutôt que de se rendre. D’où perforation de l’intestin, fluides digestifs et caca qui se répandent dans l’abdomen en plus du sang vicié qui s’y trouve déjà. L’estomac répond en provoquant des vomissements par spasmes dont une bonne partie va se loger dans les poumons. Et Septicémie, et péritonite. Enfin, le plus important, mon cœur, encore lui, s’arrête. On passe sur ce qu’ont pris les reins, le foie et le cerveau (plus la crise cardiaque quelques heures avant, don’t forget).
Le reste je ne m’en souviens plus, je me suis évanoui sous l’intensité de la douleur. C’est Parker qui m’a raconté ce que l’équipe soignante lui a rapporté à son arrivée: On m’a réanimé, stabilisé, opéré puis plongé dans le coma en baissant ma température à 33 degrés Celsius pour limiter tout dommage neurologique (déjà que j’étais pas aidé dans la vie à ce niveau!).
Le pronostic est réservé, en chiffres on lui dit que ça tourne autour du 25% de chance de survie, 15-20% avec un cerveau intact. Nos amis partout dans le monde et ma famille sont prévenus par Parker. On dit à ma mère que “ce serait mieux qu’elle vienne”. Les amis proches localement se dévouent pour aider, traduire, donner un coup de main pour la logistique. On attend que le verdict de mon décès tombe, puisque c’est le scénario le plus probable.
Le Lundi matin on décide d’arrêter Hibernatus pour ramener ma température au confortable 37 degrés. La sédation est stoppée en soirée, vers 23:00. S’il reste de l’espoir, dans les deux heures suivant l’arrêt du coma mon corps peut reprendre une partie du relai des machines et de là je me réveille. Ou pas.
Toujours vers 23:15 ce Lundi soir je suis dans l’obscurité la plus totale, et j’entends du bruit. J’ai l’impression d’arriver de très très loin. Un peu comme un atterrissage en douceur tout de suite après une zone d’épais nuages, mais porté par une incroyable énergie (Anne c’est de ça dont je pourrais parler pendant des heures, cette sensation d’avoir été “déposé” par l’énergie de toutes ces bonnes vibrations). Au lieu des deux heures réglementaires je me réveille au bout de 2 minutes 15 secondes chrono (admiration et respect total de l’équipe soignante: “on a jamais vu ça!”). Je réussi enfin à ouvrir les yeux, en “poussant” mes paupières. En guise de premier réflexe j’arrache le tube à oxygène de ma trachée, brusquement.
Il y a plein de gentilles madames au-dessus de ma tête qui me mettent un masque à oxygène qui couvre mon nez et ma bouche. J’ai peur. J’ai froid. Une d’entre elle me tient la main et me demande mon nom: “Fabrice Michel” que je réponds (dans une petite voix murmurée, rauque et faible), ma date de naissance? “20th April 1973” (yes, en anglais), et est-ce que je sais où je suis? Je réfléchis et fonds en larmes, non je ne sais pas où je suis et j’ai encore plus peur car je n’ai pas la réponse. On me dit que “Parker va venir” et je pleure de plus belle, à gros sanglots (je dois vous l’avouer que je pleure un petit peu aussi en tapant ma note là, y a plein de trucs qui me reviennent…). J’entends aussi quelqu’un me dire “you have been sleeping for two days, luv!…” avec un accent un peu cockney délicieusement rassurant. C’est bien ma planète, c’est déjà ça.
J’ai dû me rendormir quelques instants car en rouvrant les yeux il était là, Parker le magnifique. On pleurait (moi je hoquetais comme un môme tellement j’étais épuisé et je pleurais, et avec un masque à oxygène c’est vraiment pas facile de chialer!), il m’embrassait il n’arrêtait pas de me caresser le visage et les cheveux, sa tête près de la mienne. Moi je lui répétais “I am sure of you” (je venais de relire le bouquin de Maupin en Floride, je voulais juste lui dire que c’est l’homme de ma vie). C’était parait-il la teuf dans l’unité de soins intensifs, les infirmiers et infirmières en larmes devant tant de romantisme. Les médecins susurrèrent le mot “miracle”…
Je passe sur la semaine en soins intensifs, mes attouchements le lendemain sur moi-même pour découvrir toutes ces perfusions, ces sondes, ces cathéters (surtout celui dans la zizouille, mein Gott quelle horreur…), ces tuyaux, et la balâfre de 15cm agrafée sur mon ventre. Le délirium tremens phénoménal -surtout la nuit- provoqué par la morphine (moins drôle ceci-dit quand on l’arrête et qu’il faut vaincre l’addiction), les hallucinations non-stop (genre tu veux aller à Cannes? Mais regardes-moi que je claque les doigts ça y est on y est que c’est grave trop réel quoi!). C’est aussi le pays où un tout petit pet discret se transforme en tragédie. Bref 2 semaines de travail parfois acharné de ma part pour sauver ma peau. Il n’y a rien à admirer, c’est une question toute simple de survie. J’ai aussi compris qu’en me réveillant j’avais eu le choix: celui de vivre (et se battre) ou de repartir dans le noir.
Enfin, je revois le visage de ma mère le Mardi soir (le 8 Mars donc), avec mon frère, à mon chevet, tout frais descendus de l’Eurostar. Qui prenaient sur eux pour masquer leur peur et leur chagrin de me voir aussi amoché, aussi pitoyable et encore en danger (ce que je ne savais pas). Je suis allé dire bonjour et merci aux soins intensifs il y a 3 semaines à St Thomas, et c’est aussi à elle que j’ai pensé en parcourant ce long couloir, et comme elle a dû se demander “dans quel état vais-je le trouver?”
Je revois aussi le visage de Dominique, Hervé et Jorge. Je disais parfois pour plaisanter en parlant d’eux que nous c’était “à la vie à la mort” avec mes partners in crime. Je ne croyais pas si bien dire. Ils ont soulagé Parker, organisé la venue de ma famille, aidé, expliqué, traduit, guidé, distrait, accompagné… ils sont mes héros, pour toujours.
Je revois bien sûr Anne et Tidou, et mes larmes à leur vue, et mon admiration pour leur détermination à tout lâcher pour être là. Je crois pouvoir encore sentir leurs mains respective et leurs baisers sur mon front. De la gonzesse authentique du meilleur calibre, mes copines de lycée.
J’arrête ici, abruptement. Ce blog peut reprendre son cours normal, fin de l’invendable scénario.
Bayreuth Année 0 (Final episode)
Il apparait très vite que pénétrer dans le Saint des Saint de l’univers Wagnérien répond à un protocole bien établi. Hors de question de s’assoir dès qu’on a trouvé sa place. Non, car l’exiguïté des lieux en terme d’espace entre les siège fait qu’il y a toujours quelqu’un à laisser passer (ce qui permet au passage de juger du bon goût teuton. Chanel & Co ont de beaux jours devant eux). Limite je me suis insurgé contre l’organisation allemande qui a pourtant une réputation qui n’est plus à faire. D’ailleurs on reste debout parce que voilà, c’est comme ça, on reste debout. C’est der protokol.
Petite note en passant, Wagnerland c’est très beau et l’acoustique du lieu est sublime car tout -ou presque- est en bois. Y compris les sièges. C’est à mon avis un des rares endroits où avoir un cul de poney peut servir (je ne citerai pas de nom mais à l’issue de la représentation j’en connais un qui m’a avoué ne pas avoir eu mal au cul du tout et avoir passé un bon moment avec juste un petit coussin. J’étais grave vexé). Nous avions certes emmené nos coussins made in England mais mon petit cul (moulé à la louche ET de porn-star) de mec pas trop épais (mais néanmoins admirablement proportionné) et mon dos ont réellement souffert. C’est ça aussi d’être un mélomane passionné!
Pendant que l’on était debout et qu’avec Parker on se regardait avec un sourire d’une niaiserie amoureuse navrante il m’est apparu que l’orchestre était invisible car niché dans une fosse autour de la scène (“je te dis qu’ils sont tous à poil et en charentaises avec leurs instrument respectifs dans la fosse, je connais l’Allemagne, moi!” ai-je suggéré à mon mari hilare). Et tout d’un coup, toujours debout, le silence s’est fait. Les petites Walkyries avec leurs clefs se tenaient debout avec nous devant leurs portes respectives. Puis elles on reculé pour repasser à l’extérieur du théâtre, on fermé leur porte et l’ont verrouillée. Nous nous sommes enfin assis. Avec Parker on était enfermé chez Wagner et on a senti comme un frisson parcourir l’assemblée et notre dos, c’était vraiment bizarre de sembler aussi seuls ensemble et simultanément part d’un moment privilégié collectif. Nous étions seul avec Wagner, chez lui, avec sa musique et ses héros mythologiques.
Je ne suis pas au sens propre un Wagnérien. J’aime, j’adore l’opéra mais Wagner ça m’a pris du temps, 20 ans en fait.. Wagner c’est du long et c’est du lourd, du technique, voire de l’expérimental, choses que l’on pourrait opposer à l’opéra français ou italien plus léger, plus décoré, plus émotionnel et sensuel. Parker, lui, il a la musique dans le sang, et il a une oreille que j’envie car elle sait décoder les nuances, saisir le sens et embrasser la teneur d’un son (et accessoirement qui arrive à m’entendre quand je marmonne dans ma barbe à son sujet quand on s’engueule: “tu m’as appelé comment, là?…” mais bon il a commencé le piano à trois ans et demi et a une formation de soliste gagnée à Oxford, resistance is futile).
Non, franchement je ne suis pas un Wagnérien. Je suis un Ravelien moi. Mais quand le prélude de Lohengrin a commencé je crois que Wagner et moi on s’est comme qui dirait vraiment rencontré et on a passé un moment vraiment divin. Je crois que je l’ai enfin compris et j’ai réussi à l’aimer. Sincèrement. J’ai même un peu pleuré. Moi, Fabrice. M. Sur du Wagner. Un truc de malade… la production était très moderne et je ne cacherai pas qu’elle ne m’a pas vraiment plue, sauf peut-être les costumes de rat et quelques trouvailles post-modernistes mais pas vraiment avant-gardistes. Les critiques me suivent sur ce coup-là. Mais la musique mes enfants, la musique… c’était indescriptible de sensation et de beauté.
Et avec trois actes d’une heure chacun entrecoupés d’interludes d’une heure mon fessier a survécu alors que mon oreille connaissait l’orgasme sonore par vagues successives. J’ai joui de l’oreille comme la dernière des gourgandines. Avec en sus une opportunité de se jeter sur les saucisses, les bretzels et le Riesling! Je disais dans mon billet précédent qu’il a fait un temps épouvantable et ce fut une chance. Car le théâtre n’a pas la clim’ et par périodes de grandes chaleurs les évanouissements et suées collectives peuvent gâcher l’expérience. Franchement je n’ose pas imaginer ce que ça peut être mais le peu que j’ai entendu me suffisent à apprécier que cette première fois fut magistrale.
Donc voilà c’était mon Bayreuth à moi et c’était über bien. C’était very special. Avec une personne qui me voulait là, après 18 ans à espérer vivre cette expérience, avec sa petite crevette französich. J’espère qu’il y en aura d’autres, avec lui (on se met tous à postuler dorénavant). Mais sans CD de Wagner dans la caisse et un peu plus de Madonna car on est pas des chiens non plus. D’ailleurs depuis qu’on est rentré mon jules fait une dérive: 3 bios de Richard achetées et toute sa zique chargé dans l’iPod. Mais Bayreuth vaut bien une messe… (private joke!)
Bayreuth Année 0 (épisode 1)
Ca y est je suis débayreuthisé! En douceur mais avec fougue, même pô eu mal… moi qui ne pensait jamais avoir l’occasion, l’honneur, la chance d’aller au festival de Bayreuth je me suis retrouvé Mardi soir guess where? (DTC!) au FestSpielHaus à Bayreuth pour une représentation toute neuve de Lohengrin. Que grâce en passant soit rendue à Herr Parker mein Lieblin sans qui rien de tout cela n’aurait été possible, lui qui a postulé durant 18 longues années pour pouvoir enfin accéder au saint des saints (quand je pense qu’attendre la 2ème génération de l’iPad me rend dingue…). J’ai été très touché quand il a reçu ses billets (4 au total, 2 pour Lohengrin et 2 pour Parsifal, c’est la même famille… le tout à un prix carrément vulgos c’est un Fab avec un seul rein et un seul œil qui vous écris) qu’il m’aie demandé de l’accompagner. J’aime beaucoup l’opéra mais je trouvais que c’était un peu donner de la confiture aux cochons, mais il a vraiment beaucoup insisté et puis bon j’allais avoir un truc sur lequel gloser avec ma grande gueule pendant un bon bout de temps donc oui, je viens, top-là sister!
J’avais un peu lu sur le déroulé d’une soirée à Bayreuth pendant le festival mais je dois l’admettre rien ne m’avait préparé à l’expérience que j’allais vivre en terme de “première fois”. En fait en nous apprêtant (moi tout en blanc et John Galliano, Parker en James Bond méga puant le sexe) dans la chambrine de notre GastHaus garantie 100% châlet bavarois made-in-Bayern -je fais une allergie au bois depuis- le vrai spectacle c’était Parker, des yeux rieurs et contents, mais que j’ai du néanmoins menacer dans la bagnole (renommée Ortrud pour l’occasion) s’il osait remettre le CD de Lohengrin pour la 52ème fois. Mets plutôt Madonna ou Kylie, tiens. Et mouche-toi.
On est arrivé et on s’est jeté comme des mouches sur un étron vers les bars: bière (pour Parker, qui est encore là-bas jusqu’à Samedi soir et que je n’ai pas vu sans une chopine durant tout le séjour) et Riesling (classe et bon goût ,vous m’aurez reconnu), bretzels et saucisses (oui bon, quoi, on est en Bavière on va pas se priver non plus).
On a un peu visité les alentours mais il a plut comme vache qui pisse durant 2 jours (une vraie chance, je reviendrai là-dessus) donc on s’est immiscé dans le FestSpielHaus histoire de répérer les lieux (et les chiottes car bière bavaroise et Riesling en grandes quantités je ne fais pas de dessin. En plus moi j’ai une toute petite vessie continentale je tiens pas la route très longtemps, même avec de l’eau je fuis assez vite)(#JeudiConfession).
10 minutes avant le début de la représentation une partie de l’orchestre était à l’extérieur du FestSpielHaus et nous a joué (bourriné) un petit extrait du 1er acte, invitation express à nous rendre vers nos portes respectives pour pouvoir enfin pénétrer dans l’arène tant convoitée. Je ne sais pas si vous êtes déjà allé à un grand concert genre Madonna ou Michael Jackson mais nous avec Parker on commençait à sentir une légère transe nous envahir -et moi une légère humidité me gagner. Et coup de bol on est arrivé preum’s devant notre porte où une jolie Walkyrie toute wagnérienne et en uniforme attendait avec sa clef de nous laisser entrer. Je crois que c’est là aussi qu’avec mon chéri on s’est pris par la main, on était en train de vivre ça comme un trip et c’était vraiment bon de le sentir aussi excité et heureux… je veux dire, 18 ans quoi. Et on était ensemble. Je pense que c’est pour ça qu’il voulait que je sois là, je crois sincèrement qu’il avait complètement anticipé le bonheur qu’on allait avoir à vivre tous les deux (pourtant le FestSpielHaus n’a -accrochez-vous- même pas le wifi!).
Il y a eu un signal sonore et je pense encore voir la main de la jeune fille sortir la clef, tout comme ses collègues à leurs portes respectives, au ralenti, tourner la clef dans la serrure, ouvrir, et d’un geste nous inviter à entrer. Quand j’ai vu l’intérieur j’ai juste dit calmement “oh my god.” Parker était juste… émerveillé. On était comme deux nains à qui on ouvre les portes d’un Disneyland encore vide, devant une entrée de l’auditorium du FestSpielHaus, conçu par et pour Wagner et sa musique uniquement.
…to be continued (héhé)
En Grève
Je ne re-blogue pas tant que je n’ai pas reçu mon cadeau de Nawel -Et le premier qui dit “ça ne bloguait pô des masses de toute façon ici-bas depuis une bonne paye” sera viré. Tu te plaindras le jours où tu devras payer pour lire ce blog.
Anyway… je n’ai donc toujours pas mon cadeau de Nawel: ma chaise de sa race de chez Vitra par Verner Panton. La prochaine fois que vous lisez un billet sur ce blog j’y apparaitrai assis sur la même chaise que sur la photo (peut-être nu si vous me gavez de commentaires en qualité et quantité généreuses).
Sérieux, pas de nouvelles depuis le 29 Décembre. Fait chier, ils avaient dit entre 8 à 10 semaines pour la livraison (ils foutent quoi chez Vitra? Et oui, je sais, ça ne fait que 7 semaines…) et Skandium (chez qui Parker m’a acheté la dite chaise, dans sa version originale et originelle “Classic”. En rouge glossy que j’en peux plus rien que d’en parler…) refuse dorénavant de répondre à mes appels sous prétexte que je les appelle tous les deux jours pour savoir si ma chaise -qui est payée!- est arrivé ou pas.
Si vous voulez me parler passez par mon syndicat. C’est la grève. La lutte. Et demain l’Internationale…..
(en plus la photo c’est pas la “Classic”… attendez que je déboule à poil sur le vrai modèle!)
Mon Plan de Retraite
Le 20 Avril 2038 est une date qui fera figure d’événement. En plus d’être mon anniversaire ce jour béni sonnera mon départ à la retraite. Le date en question m’a été notifiée il y a de cela quelques temps, sur un rapport de mon pension-plan (car oui je pense à mes vieux jours)… ce fût un jour de grande déprime noyée une fois de plus dans l’alcool.
Depuis qu’on est ensemble avec Parker nous en sommes venus à élaborer un scénario génial et d’une vulgarité sans équivalent au sujet de nos vieux jours. Je ne résiste pas à l’envie de nous présenter le projet R et d’en garder à peu de chose près la tournure poétique:
On va s’acheter une petite maison près de la mer. Et quand on sera vraiment croulant on louera les services de deux petits jeunes super sexy et en shorty-débardeur (genre Bel-Ami) pour pousser nos chaises roulantes. On ne pourra plus se rouler dans la fange et la luxure car notre tuyauterie sera hors-service depuis quelques temps déjà (nous n’excluons pas des récents problèmes de prostate), mais on fourrera quelques biftons dans le slips de nos deux employés pour les voir se faire des trucs un peu salace devant nous. Et on les regardera en se souriant.
On demandera aussi à nos deux employés de nous faire des super cocktails et de nous emmener ensuite à la plage pédé. Pendant qu’ils bronzeront leur corps sublimes nous on sera sur nos petites voiturettes, à moitié bourrés, un plaid négligemment posé sur nos genoux cagneux et squelettiques, gentiment parqués dans les dunes, coiffés de bérets ridicules et de lunettes de soleil vintage horripilantes achetées en 2008. Et avec Parker on épiera comme les deux vieilles tapioles qu’on est devenues les ébats en plein air de la faune locale avec de ridicules jumelles, en se marrant comme des bossus et en comparant les mérites des participants du jours. On sera vieux mais on se laissera aller quand même dans les bras du stupre, pas physiquement car avec notre sciatique il faudrait appeler les urgences car c’est trop clair qu’on va rester coincés à un moment ou à un autre, mais car ça nourri le cerveau et réanime de vieux souvenirs alors que l’on était beau et capables des plus coquines fantaisies.
On sera connu de toute la communauté locale comme les deux vieilles follasses et leurs gigolos, et de la communauté gay comme des progressistes libertaires. On poussera même le vice à aller à la messe tous les dimanches avec nos antiques loques couture et communier, sans oublier de faire de l’œil ensuite aux beau messieurs dans le pub local où on ira se jeter un deux cinq quelques godets. On se regardera ensemble des vieux films main dans la main en se remémorant du jour où on les avait vu à leur sortie en salle, on traitera feue Madonna comme une héroïne et ce désormais déchêt de Brad Pitt comme un vieux beau déjà à son 34ème lifting. On ressortira une fois par an à l’occasion du grand nettoyage de printemps de notre petite maison (effectué nu par nos deux employés) des anciens magazines gay pornos en se disant que finalement c’est vrai: les pornos il suffit de les laisser dormir quelques temps et ils retrouvent tout leur fraîcheur. On sera devenu sage mais sans avoir perdu notre personnalité. Et on se marrera tellement à raconter des conneries qu’on s’en décollera la plèvre, et qu’on toussera comme des tuberculeux.
On aura aucune honte aucune à embrasser les fesses rebondies et à fossettes de nos serviteurs mais on ne se montrera plus à poil depuis pas mal d’années déjà. Parce que notre plastique n’est définitivement plus ce qu’elle était et les plis c’est pô très beau, surtout quand on a le cul effondré. On dormira dans la même chambre mais pas dans le même lit ce qui ne nous empêchera pas de nous faire des gros câlins et de nous souhaiter bonne nuit comme aujourd’hui à coups de gros bisous retentissant et à se dire qu’on s’aime et que la vie ensemble c’est trop drôle et agréable (surtout pour Parker depuis qu’Apple a fait faillite et que j’en suis devenu quasiment paraplégique de la zizouille).
Je suis impatient de vieillir avec Parker et de mettre notre projet de retraite à exécution!…
De l’utilité du Maquerellage
Car être une connasse c’est un art de vivre…
Je suis en train de tourner autour de mon mec et de son ordi ces derniers temps car il me semblait que quelquechose se tramait. Déjà Parker va s’acheter un iMac (bon j’admet j’ai un peu fait le forcing mais ça lui plait et c’est beau)(en passant Marcel Dugomier, sur mes précieux conseils va aussi sauter le pas et investir dans le précieux verger) (promis j’arrête avec les parenthèses après mais je trouve qu’Apple pourrait bien me faire un petit cadeau avec tous les clients que je leur rabats…), et ensuite je le vois à consulter des trucs avec des piscines, des machins qui flottent en bord de mer… bref je maquerelle: un bisous par-ci pendant qu’il tapote sur son clavier, et que je te ramène une petite tassounette de thé, oh et pis je vais faire un peu de ménage sur ton bureau, là.. sans oublier le petit coup d’œil sur l’écran miniscule de sa bécane (vivement son iMac 24 pouces!).
C’était dur mais j’ai percé la clef du mystère. Il est en fait en train d’organiser son anniversaire (cette année son âge se termine par un zéro, donc on fait dans le festival de Cannes). Et mon mec ce soir m’a invité à une bouffe -en discount certes mais je m’en fous- dans un très grand hôtel londonien pour fêter le fait qu’il a enfin trouvé quoi faire pour le “moment A”: une grande villa sur une île dans la Méditerranée (pour nous, les keupines et les keupins) avec un petit tour en yacht avec roteux à volonté à bord… je n’ai pas encore tous les détails mais j’y retourne! Et il semblerait que le prix n’est pas aussi épouvantable que ça, et je vous assure que j’ai un mec qui ne balance pas son blé comme ça, pas comme moi! Chez les Parker on a compris le sens du mot “comparer”, “faire jouer la conccurence” et “value for money” ce qui explique pourquoi il est retranché derrière sa merde de pc son portable à compiler et comparer pour avoir la meilleure mouture au meilleur prix.
Princesse Fabrice: toujours dans les meilleurs coups! Même que ma White Party fait figure de pause-clope à côté!
(et si Parker voit que j’ai déjà ramené ma gueule je risque la lobotomie pure et simple…)
La Saison des Vents (1)
Parker: -”On a plus de gin dans le bar, y a 4 personnes qui arrivent dans une heure! Mine de rien tu coûtes en bibine!…
Fab: – Les mecs avec vous c’est toujours pareil, vous voulez être vus en Aston Martin bien chères mais quand il faut payer l’essence y a plus personne!…”
…non mais sans blagues!
Mon 35ème Nawel C’était.
Je crois que je préfère ce style à la tradition familiale (quoiqu’en même temps peut-être que j’y reviendrai un jour); prenez votre mec/mari, un couple d’amis aimant la bonne chère, boire un coup, cuisiner, partager, rire de blagues un peu grasses ou carrément spirituelles, causer de choses terre-à-terre ou carrément profondes, enfermez-les dans le même espace pendant 3 jours et laissez mijoter…
En plus cette année c’était une tranche de luxe car je ne travaillais pas et j’ai été gâté par mes amis et Parker-dââââârling! Sans oublier la bonne bouffe, les cadeaux… et le clous de Nawel, une bouteille de Dom Pérignon cuvée 2000 généreusement offerte à Parker par un de ses bons clients. Une expérience unique.
…Quoique la soirée d’hier soir était unique aussi, c’était un cadeau de Nawel de mes deux amis aimant la bonne chère etc etc…. différent et rempli de bombasses! (et de trucs bizaroïdes aussi, il y en a pour tous les goûts, je crois qu’on appelle ça Burlesque -en anglais dans le texte!)
Vivement l’année prochaine! (vous avez vu le pic de mon blog en version Iphone sur les photos? Avec la neige! Que c’est trop bien et que je vous gâte!) Et c’est juré je fais mon shopping de Noël bien avant le 24 Décembre en 2009… Juré juré juré. C’était trop dur!!!
On passe au prochain réveillon les gars? C’est dans moins d’une semaine maintenant…
Scandale à Mayfair!
La vie offre parfois des moments cocasses, où l’on s’aperçoit que certaines personnes sont à l’opposé que ce qu’elles croyaient nous faire avaler (et que l’on a avalé sans broncher!). Un scandale, très relayé dans la presse britannique et qui secoue le quartier en particulier, puisque c’est là qu’il trouve son épicentre, vient de tomber et je voulais vous le faire partager car moi ça me fait halluciner et rire depuis ce matin!
Dans le cadre de son travail Parker s’était lié d’amitié avec Madame Shahra Christina Sylvia Marsh de Savigny, femme d’un bon goût évident, princesse d’origine iranienne, habillée (parfois Haute) Couture, d’un chic indiscutable, d’une élégance racée, d’une connaissance du français la rendant bilingue (elle a étudié à Paris), sympathique et débonnaire, passionnée d’art qu’elle collectionnait sous plusieurs formes.
Parker fût même une fois invité chez elle en one-to-one (thé Fortnum & Mason accompagné de macarons Ladurée…), il en était rentré émerveillé: “je me suis cru dans un musée, son appartement est sublime! On se croirait dans l’appartement de coco Chanel!”. Elle avait aussi tendance à se moquer un peu de la notion d’argent, preuve certaine que son portefeuille était bien garni.
Je l’ai moi-même rencontrée une fois à la Fabrice-Mansion où Parker donnait son cocktail hebdomadaire du Mercredi (don’t ask, ok?), elle portait ce jour-là une magnifique paire de Manolos (c’est à ce genre de détail qu’on reconnait l’homo domesticus dans toute sa splendeur). Une femme spéciale donc, libre et cultivée. Elle possédait aussi 2 ou 3 propriétés dans les quartiers les plus cossus et branchouille de Londres.
Eh bien la nouvelle est tombée ce matin, Madame Shahra Christina Sylvia Marsh de Savigny, Shahra Marsh de son vrai nom (c’est elle sur la photo) vient d’écoper de 6 ans de taule pour escroqueries. J’insiste sur le pluriel. Depuis des années elle achetait des vêtements, bijoux de prix, œuvres d’Art et autres franfreluches de luxe en gagnant la confiance des vendeurs et dealers et en signant des chèques en bois!
Elle a réussi à blouzer les prétendus imblouzables: Cartier, Dior, Sotheby’s, Christie’s et autre Beaussant Lefèvre à Paris. Elle a même réussi à les escroquer plusieurs fois. Un jour un grand joaillier parisien a sauté dans un Eurostar pour pouvoir lui livrer des bijoux de grand prix (£200, 000.00 au bas mot) dont elle avait un “besoins urgent”… dans certains des appartements qu’elle louait des milliers de livres sterling de loyer étaient impayés. Elle a roulé les millionaires! Il va sans dire qu’elle touchait également (et légalement, puisqu’elle n’avait aucun sous!) les alloc’ et autres aides de l’état. Bref Madame de Savigny était une fraude et un canular sans nom!
Et moi je vais vous dire que je trouve qu’elle avait des couilles cette dame là, elle a certes utilisé son érudition et son savoir pour rouler tous ces mecs mais en même temps elle n’a pas volé les pauvres ou exploité la misère. Tout ce qu’elle voulait a-t-elle confié c’était se faire un gros bas de laine (à ce prix là prend du Woolmark ma chérie!) pour ensuite avoir une retraite peinarde. Pas d’histoires de pègre, de drogue ou de blanchiement de thune. Très honnêtement je n’arrive pas à lui en vouloir ou la trouver antipathique. Peut-être parce que je l’ai croisée en personne, ou tout simplement parce qu’elle était une femme sympa. Elle a exploité la connerie (et la bonne foi) des nantis.
Je vais dire à Parker de l’inviter à la maison dans 6 ans, juste pour pouvoir lui dire mon admiration sur ce coup-là et le fait que je ne l’ai jamais détestée, contrairement à mon voisinage de milliardaires et autres millionnaires qui sont déjà en train de lui casser du sucre sur le dos, probablement à gloser qu’”elle était pas très solvable/nette/propre/intègre cette prétendue dame de Savigny, je l’ai toujours senti”
…surtout ceux qui l’invitaient à leurs soirée à plusieurs briques et s’enorgueillaient de l’avoir à leur table tout en chantant les louanges de sa culture artistique et son bon goût. Ils doivent se sentir bien couillons, ces couillons!
Patsy, tu devrais en prendre de la graine!
