Fabriché Mansion

Délit de Recyclage

Wednesday, July 27th, 2011 | Fabriché Mansion | 10 Comments

À la Fabriché-Mansion on prend notre devoir écologique grave au sérieux -du moment qu’on nous en demande point trop, on est d’accord- et on recycle par le biais de sacs poubelles bleus clairs et transparents sur lesquels sont listé tout ce que tu peux/dois mettre de recyclable dedans lô. Les sacs poubelles noirs restant les contenants de matière organique. Et des trucs que les recycleurs de Westminsters ne peuvent pas recycler (je sens qu’il va y avoir de belles allitérations en “cyclé” dans ce billet).

Et toutes les fins de semaine je on la femme de ménage descend tout ça sur le trottoir d’en face. Généralement le Jeudi dans l’après-midi car c’est là qu’elle vient. Et ça tombe à pic car les recycleurs passent le Vendredi matin! Bref c’est une histoire qui roule, on est motivé et sans me vanter nos sacs sont toujours hyper-pleins qu’on prend notre rôle furieusement au sérieux comme je le disais en introduction. Et on passe sur le fait que le Lundi le sac est déjà quasi-plein de cadavres de bon rouge et autres délicieusetés.

Et il y a quelques semaines je reçois un courrier à mon nom (Fabrice Montgomery Abbot Chancellor Newman Ewing Michel Esquire) dans une enveloppe à en-tête de Westminster Council m’informant qu’ils avaient trouvé mon nom dans un des sacs à recyclage. Et qu’ils avaient dû fouiller dans mes petites débauches pour m’indentifier. Oui Madame. Car figurez-vous que j’ai osé mettre mon sac sur le trottoir un Jeudi après-midi alors que les gars passent le Vendredi matin à 6h du mat’. Et que la prochaine fois c’est carrément une amende si j’osais encore les défier et défigurer le paysage urbain avec mes sacs remplis de cochonneries recyclables. Non mais vous vous rendez compte? (je sais que certains d’entre vous m’avaient également conseillé de faire retomber l’opprobe sur ma femme de ménage, et là je dis que vous êtes des petits Jocrisse encore plus pourris que les mectons de Westminster… même si j’y avais pensé ne serait-ce que pour avoir un alibi en face de Parker) (qui est lui aussi en lutte avec Westminster mais c’est une autre histoire).
Moi qui trouvais ça cool de recycler j’ai simplement pris un des sacs bleus (clairs et transparents donc et sur lesquels sont listé tout ce que tu peux/dois mettre de recyclable dedans lô) et mis à l’intérieur le reste de ma réserve de sacs bleus (clairs et transparents etc…). Et je les ai déjà mis sur le trottoir. À partir de maintenant je branle le chien et le recyclage c’est totalement dans ton cul.

Naturellement je me suis fendu d’un message à ces insectes conservateurs du Westminster Council. À l’heure où j’écris ces lignes ma ligne de téléphone doit être sur écoute et tous mes gestes épiés. Dieu merci je suis inidentifiable (sauf peut-être s’ils relèvent des empreintes sur les sacs) car les sacs ne contiennent que des sacs. Nan mais sans blagues!

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La Dernière Image (2/2)

Wednesday, June 29th, 2011 | Fabriché Mansion, Parkerama, Rosbif life | 15 Comments

(suite de l’Épisode 1, donc)

Vers 19:45, dans le taxi qui ramenait mon jules et notre pote vers la maison histoire de se péter la panse pendant que moi j’allais me faire opérer de la mienne (de panse) l’iPhone de Parker sonne. “Allô? C’est St Thomas’ Hospital, oui c’est au sujet de Fabrice, sa condition vient de se détériorer de manière subite et dramatique…

Car le méchant ulcère dans un acte de bravoure malsaine a décidé de lâcher plutôt que de se rendre. D’où perforation de l’intestin, fluides digestifs et caca qui se répandent dans l’abdomen en plus du sang vicié qui s’y trouve déjà. L’estomac  répond en provoquant des vomissements par spasmes dont une bonne partie va se loger dans les poumons. Et Septicémie, et péritonite. Enfin, le plus important, mon cœur, encore lui, s’arrête. On passe sur ce qu’ont pris les reins, le foie et le cerveau (plus la crise cardiaque quelques heures avant, don’t forget).
Le reste je ne m’en souviens plus, je me suis évanoui sous l’intensité de la douleur. C’est Parker qui m’a raconté ce que l’équipe soignante lui a rapporté à son arrivée:  On m’a réanimé, stabilisé, opéré puis plongé dans le coma en baissant ma température à 33 degrés Celsius pour limiter tout dommage neurologique (déjà que j’étais pas aidé dans la vie à ce niveau!).

Le pronostic est réservé, en chiffres on lui dit que ça tourne autour du 25% de chance de survie, 15-20% avec un cerveau intact. Nos amis partout dans le monde et ma famille sont prévenus par Parker. On dit à ma mère que “ce serait mieux qu’elle vienne”. Les amis proches localement se dévouent pour aider, traduire, donner un coup de main pour la logistique. On attend que le verdict de mon décès tombe, puisque c’est le scénario le plus probable.

Le Lundi matin on décide d’arrêter Hibernatus pour ramener ma température au confortable 37 degrés. La sédation est stoppée en soirée, vers 23:00. S’il reste de l’espoir, dans les deux heures suivant l’arrêt du coma mon corps peut reprendre une partie du relai des machines et de là je me réveille. Ou pas.
Toujours vers 23:15 ce Lundi soir je suis dans l’obscurité la plus totale, et j’entends du bruit. J’ai l’impression d’arriver de très très loin. Un peu comme un atterrissage en douceur tout de suite après une zone d’épais nuages, mais porté par une incroyable énergie (Anne c’est de ça dont je pourrais parler pendant des heures, cette sensation d’avoir été “déposé” par l’énergie de toutes ces bonnes vibrations). Au lieu des deux heures réglementaires je me réveille au bout de 2 minutes 15 secondes chrono (admiration et respect total de l’équipe soignante: “on a jamais vu ça!”). Je réussi enfin à ouvrir les yeux, en “poussant” mes paupières. En guise de premier réflexe j’arrache le tube à oxygène de ma trachée, brusquement.

Il y a plein de gentilles madames au-dessus de ma tête qui me mettent un masque à oxygène qui couvre mon nez et ma bouche. J’ai peur. J’ai froid. Une d’entre elle me tient la main et me demande mon nom: “Fabrice Michel” que je réponds (dans une petite voix murmurée, rauque et faible), ma date de naissance? “20th April 1973” (yes, en anglais), et est-ce que je sais où je suis? Je réfléchis et fonds en larmes, non je ne sais pas où je suis et j’ai encore plus peur car je n’ai pas la réponse. On me dit que “Parker va venir” et je pleure de plus belle, à gros sanglots (je dois vous l’avouer que je pleure un petit peu aussi en tapant ma note là, y a plein de trucs qui me reviennent…). J’entends aussi quelqu’un me dire “you have been sleeping for two days, luv!…” avec un accent un peu cockney délicieusement rassurant. C’est bien ma planète, c’est déjà ça.
J’ai dû me rendormir quelques instants car en rouvrant les yeux il était là, Parker le magnifique. On pleurait (moi je hoquetais comme un môme tellement j’étais épuisé et je pleurais, et avec un masque à oxygène c’est vraiment pas facile de chialer!), il m’embrassait il n’arrêtait pas de me caresser le visage et les cheveux, sa tête près de la mienne. Moi je lui répétais “I am sure of you” (je venais de relire le bouquin de Maupin en Floride, je voulais juste lui dire que c’est l’homme de ma vie). C’était parait-il la teuf dans l’unité de soins intensifs, les infirmiers et infirmières en larmes devant tant de romantisme. Les médecins susurrèrent le mot “miracle”…

Je passe sur la semaine en soins intensifs, mes attouchements le lendemain sur moi-même pour découvrir toutes ces perfusions, ces sondes, ces cathéters (surtout celui dans la zizouille, mein Gott quelle horreur…), ces tuyaux, et la balâfre de 15cm agrafée sur mon ventre. Le délirium tremens phénoménal -surtout la nuit- provoqué par la morphine (moins drôle ceci-dit quand on l’arrête et qu’il faut vaincre l’addiction), les hallucinations non-stop (genre tu veux aller à Cannes? Mais regardes-moi que je claque les doigts ça y est on y est que c’est grave trop réel quoi!). C’est aussi le pays où un tout petit pet discret se transforme en tragédie. Bref 2 semaines de travail parfois acharné de ma part pour sauver ma peau. Il n’y a rien à admirer, c’est une question toute simple de survie. J’ai aussi compris qu’en me réveillant j’avais eu le choix: celui de vivre (et se battre) ou de repartir dans le noir.

Enfin, je revois le visage de ma mère le Mardi soir (le 8 Mars donc), avec mon frère, à mon chevet, tout frais descendus de l’Eurostar. Qui prenaient sur eux pour masquer leur peur et leur chagrin de me voir aussi amoché, aussi pitoyable et encore en danger (ce que je ne savais pas). Je suis allé dire bonjour et merci aux soins intensifs il y a 3 semaines à St Thomas, et c’est aussi à elle que j’ai pensé en parcourant ce long couloir, et comme elle a dû se demander “dans quel état vais-je le trouver?”
Je revois aussi le visage de Dominique, Hervé et Jorge. Je disais parfois pour plaisanter en parlant d’eux que nous  c’était “à la vie à la mort” avec mes partners in crime. Je ne croyais pas si bien dire. Ils ont soulagé Parker, organisé la venue de ma famille, aidé, expliqué, traduit, guidé, distrait, accompagné… ils sont mes héros, pour toujours.
Je revois bien sûr Anne et Tidou, et mes larmes à leur vue, et mon admiration pour leur détermination à tout lâcher pour être là. Je crois pouvoir encore sentir leurs mains respective et leurs baisers sur mon front. De la gonzesse authentique du meilleur calibre, mes copines de lycée.

J’arrête ici, abruptement. Ce blog peut reprendre son cours normal, fin de l’invendable scénario.

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La Dernière Image (1/2)

Monday, June 27th, 2011 | Fabriché Mansion, Rosbif life | 16 Comments

Le retour après une courte absence (si, si, c’était court!) bloguesque. Cela me titillait depuis pas mal de temps mais finalement je crois que l’envie d’écrire des conneries est en train de revenir tout doucement. Qui plus est ma vie a récemment changé: certains ne trouveront peut-être pas ce premier jet de billets très joyeux, mais je vous jure que d’ores et déjà nous avons réussi à plaisanter et rire à gorge déployée sur ce sinistre épisode que je vous livre aujourd’hui (et demain peut-être pour la suite). C’est aussi une manière d’évacuer (mais je n’y crois pas trop) mais surtout de remercier publiquement certains et certaines qui sont depuis devenus dans mon petit Panthéon mes héros personnels. Merci également d’éviter les commentaires graveleux, c’est du passé et tout est bien qui finit bien.



Avec Parker on se réfère à l’image qui illustre ce billet comme “la dernière photo“. Je l’avais mise sur Facebook avec la cosmopolite légende “Joie de vivre!” le 26 Février dernier, juste après qu’elle fut prise depuis mon téléphone. Avec Parker on était à Miami pour 4 jours, on prenait des cocktails, on arrivait de Contadora et Panama-City, probablement les grave plus belles vacances qu’on aie jamais passées tous les deux. On l’appelle “the last picture” car c’est la dernière photo de moi prise avant le 5 Mars 2011. La date est devenue une frontière, on sait toujours maintenant quand on raconte ou se souvient d’un truc si c’est avant ou après le 5 Mars 2011…

Car le 5 Mars 2011 -promis j’essaie de ne pas tomber dans le pathos- c’est le jour où Parker, après que Fabrice ait quasiment passé 24 heures à agoniser avec une douleur aiguë dans l’abdomen (et je veux pas me vanter mais je suis pas une chochotte avec la douleur), un teint verdâtre et une nuit blanche, a dit “on arrête les frais j’appelle une ambulance…” il était midi et demie.

C’est le jour où le paramedics, dans l’ambulance qui -nous le pensions- m’emmenait à St Mary’s Hospital sur Paddington (“Plus pratique pour les visites” dixit Parker avec son pragmatisme tout britannique) m’a déclaré sur un ton étonné par sa découverte “Vous êtes en train de faire une crise cardiaque, demi-tour on vous emmène sur St Thomas’ Hospital qui a la meilleure Coronary Unit.” J’étais déjà sous morphine et oxygène et j’ai gardé mon calme. En plus une news comme ça c’est tellement gros je crois que je n’ai franchement trop pas saisi la gravité de la situation… c’est aussi depuis ce jour que j’ai le cœur qui se serre (sans jeu de mot) chaque fois que je vois une ambulance foncer au mileu des voitures, signal sonore à donf’.

C’est le jour où en arrivant à l’hosto façon “Urgence” (inclue l’option “portes qui s’ouvrent avec fracas quand le brancard fonce dedans!”) on m’a dit “on va opérer tout de suite, on va vous insérer un stent au cœur via l’artère fémorale, par la cuisse quoi!“. Une dame s’affairait déjà à découper mon pull… je m’en rappelle  -c’était sous anésthésie locale- par bribes (je pense faire un billet dédié entièrement à la morphine-mon-amour un de ces quatres). Surtout la gentille Madame qui m’a montré sur un moniteur mon cœur “avant” (moche et surmené) et “après” (régénéré et souriant du ventricule) avec une jolie petite bague façon piercing dans une artère sur le ventricule gauche. J’ai le ventricule qui passe grave bien à la télé.

C’est également le jour où un scanner (dont je ne me rappelle absolument pas) a ensuite montré un saignement de l’intestin dans l’abdomen (qui aurait amené à un épaississement du sang de taré, dixit les docteurs, et provoqué l’épisode cardiaque). Et que j’ai rencontré mon chirurgien-du-bidon indien qui m’a dit que tout ça c’était la faute d’un vilain ulcère du duodénum au stade adulte et au maximum de ses capacités pas gentil du tout, et passé depuis quelques heures du coté obscur de la force après avoir aplati la rébellion. De la gentillesse et de la compassion à l’état brut le chirurgien, vraiment une belle personne. J’étais dans le cirage mais je n’oublierai jamais quand il m’a pris la main et m’a dit “tout va bien se passer” (quoique nous le verrons, il a méchamment raté une opportunité de la fermer). L’idée étant de faire deux petits trous de rien du tout, colmater la fuite à l’intérieur en recousant, et refermer. Plus une bonne cure d’antibios pour lacérer la méchante bactérie qui accouche des ulcères qui passent du coté obscur. Tout bénèf’ et pas de cicatrices. Easy!

Parker -qui n’avait pas pu venir dans l’ambulance du fait d’une obligation professionnelle- est arrivé à ce moment là. Vers 17:30. Je lui ai dit fièrement “on vient de m’opérer du cœur, on repart pour  une opération du bidon en soirée. I love my life…” Il a souri, il m’a embrassé. J’étais vraiment content de voir enfin un visage familier, depuis 12:30 que je gérais tout seul. Il est ensuite allé voir le personnel soignant histoire d’être un peu mieux briefé que par sa junkie de french sauterelle sous morphine…

Vers 19:30 Parker est revenu à mon chevet avec un de nos amis. On s’est embrassés. J’étais grave crâmé du cerveau à cause de la morphine, ma vision était passée en noir et blanc. Ils m’ont souhaité bonne chance pour l’opération et une bonne nuit. Parker serait là pour le réveil post-opératoire. Et ils sont sorti prendre un taxi pour aller dîner dans le petit bar à tapas en face de la Fabriché-Mansion.

(…to be continued )

 

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37th Birthday “Glee” Special

C’est mon cadeau!… si vous aimez “Glee” moi je me paie Sue Sylvester pour mon anniv’
(Son adaptation du rap final m’a presque fait me pisser dessus). Vogue is alive, Vogue is Fabrice. M. Foreva!… et Happy Birthday to me, sans Parker qui est coincé au Portugal mais on s’en fout on a du champagne!

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En Grève

Tuesday, February 16th, 2010 | Fabriché Mansion, Parkerama | 24 Comments

Je ne re-blogue pas tant que je n’ai pas reçu mon cadeau de Nawel -Et le premier qui dit “ça ne bloguait pô des masses de toute façon ici-bas depuis une bonne paye” sera viré. Tu te plaindras le jours où tu devras payer pour lire ce blog.
Anyway… je n’ai donc toujours pas mon cadeau de Nawel: ma chaise de sa race de chez Vitra par Verner Panton. La prochaine fois que vous lisez un billet sur ce blog j’y apparaitrai assis sur la même chaise que sur la photo (peut-être nu si vous me gavez de commentaires en qualité et quantité généreuses).

Sérieux, pas de nouvelles depuis le 29 Décembre. Fait chier, ils avaient dit entre 8 à 10 semaines pour la livraison (ils foutent quoi chez Vitra? Et oui, je sais, ça ne fait que 7 semaines…) et Skandium (chez qui Parker m’a acheté la dite chaise, dans sa version originale et originelle “Classic”. En rouge glossy que j’en peux plus rien que d’en parler…) refuse dorénavant de répondre à mes appels sous prétexte que je les appelle tous les deux jours pour savoir si ma chaise -qui est payée!- est arrivé ou pas.

Si vous voulez me parler passez par mon syndicat. C’est la grève. La lutte. Et demain l’Internationale…..
(en plus la photo c’est pas la “Classic”… attendez que je déboule à poil sur le vrai modèle!)

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Amitié je chéris ton nom

Saturday, January 2nd, 2010 | Fabriché Mansion | 5 Comments

Une petite note doublée d’une touchante anecdote pour commencer l’année (qu’au passage je vous souhaite sincèrement pleine de bonnes choses dans tous les domaines), qui m’a été rapportée par Mme Mère.

Ma mère à moi vient en effet de perdre une amie -décédée d’un cancer fulgurant- dont les funérailles avaient lieu l’avant-veille de Noël (y a pire comme timing?). Elle s’appelait Madeleine, un très joli prénom. Je pense n’avoir jamais vraiment trop vu la place que tenait cette dame dans la vie de ma mère, on parlait au téléphone des vannes qu’elles s’envoyaient toutes les deux en live et de leurs conversations et je crois ne l’avoir jamais rencontrée bien que Mme ma génitrice me prétende le contraire assez régulièrement: dans une communauté rurale de 200 habitants on a plutôt tendance à tous se connaître… mais là n’est pas mon propos.

J’ajoute en passant que ma maman est une personne qui n’a pas tendance à grandement s’épancher de manière générale (à moins que cela devienne insupportable au tréfonds d’elle-même et là ça sort tout seul d’un coup sans prévenir à un moment inopportun au possible… mais la personne sur qui ça tombe a toujours une oreille pour elle, ma mère a un don en fait!), on a le sens de la dignité et de la discrétion assez développé, dans la famille.

La mère Michel n’a par ailleurs aucune difficulté à exprimer son mécontentement et/ou sa non-satisfaction, parfois bruyamment et vertement si nécessaire, l’une de ces occurrences ferait-elle son apparition. Mais c’est aussi une femme -et je la connais bien- d’une extrême (et j’utilise le terme à dessein) sensibilité, d’une générosité parfois agaçante (“quoi??? tu as donné ces trucs que je t’avais ramenés du Brésil à qui????”) mais surtout d’une gentillesse dont la réputation n’est plus à faire (et au moins aussi grande que ma méchanceté et ma connassitude réunies, c’est dire!): tout le monde dans le patelin chante -à juste titre!- les louanges de Mme Michel qui est “si gentille” (un fermier local) ou “une personne adorable” (l’institutrice du village) “toujours prête à rendre service” (Le maire du Village). En plus elle aime bien rigoler -telle mère, tel fils! Je ne dis pas ça parce que c’est ma mère mais c’est réellement une femme bonne avant d’être une bonne-femme.

Comme je le narrais, je n’ai pas compris combien ma mère était attachée à Madeleine qui vient d’être sacrifiée des pinces d’un vicieux crabe. Discrétion encore et dignité toujours. Solitude face au deuil un peu aussi, peut-être. J’ai appelé la maison hier pour souhaiter une bonne année et c’est là que je me suis rendu compte quelle avait été très ébranlée par ce décès cette mort.

A l’issue des funérailles, m’a't-elle raconté, un Livre Blanc/Livre d’Or était à disposition de tous pour laisser un dernier message à Madeleine.

Madame Michel a juste écrit “C’était mon amie et je l’aimais beaucoup. Liliane Michel.
C’est la plus simple et la plus belle chose qu’on peut écrire, non? En une pincée de mots elle a dit l’essentiel: Madeleine était mon amie et je voudrais juste dire les sentiments que j’avais pour elle. Simple, to the point. Et vous n’imaginez pas comme cette anecdote que je retournais hier soir en rentrant du travail m’a ému. Plus j’y pensais et plus j’avais presque les larmes qui me montaient aux yeux de penser à ma mère seule avec ce deuil qu’elle n’a pu partager que par cette courte ligne d’écriture, au vu de tous, dans la sincérité la plus authentique. Celle qui vient du coeur, d’un coup, spontanément. J’étais super fier d’elle aussi de produire des diamants brut comme ça au moment où on l’attend le moins (je devrais en prendre de la graine).

Mme Mère ne m’en aurait pas parlé si quelques jours plus tard en prenant le café chez une de ses copines cette dernière ne lui avait confessé sa surprise à la nouvelle d’une telle phrase écrite sur ce genre d’ouvrage (“Mais on écrit pas ça!”). Rien de méchant ou d’agressif mais simplement l’expression d’une génération pour laquelle l’attitude formelle est de rigueur dans ce genre d’événement (religion et éducation à l’ancienne que voulez-vous, et cette copine à ma mère -celle-là je la connais!- est une personne très gentille et authentique qui comme moi n’a peut-être tout bonnement pas compris l’amitié que ma mère avait pour Madeleine).

Je l’ai bien rassurée la petite Mère Michel (je crois vous avoir dit qu’elle n’était pas bien grande dans un autre billet), en lui disant qu’elle avait vraiment bien fait d’écrire ce qu’elle ressentait et qu’au contraire de ce que sa copine peut préférer écrire quant à elle il y a de la beauté à avoir la volonté d’un coeur simple à afficher ses sentiments une dernière fois parce que ça vient des tripes.

…mais la petite ligne “C’était mon amie et je l’aimais beaucoup” ne m’a pas lâché depuis ce coup de fil. Même Parker était un peu remué à l’écoute de cette anecdote (et vénère contre la copine à ma mère qui écrit juste “sincères condoléances” et qui dit ensuite qu’on ne peut pas écrire aux gens morts qu’on les a aimé!) et il a eu le plus beau mot de la fin, il a juste dit que la personne qui reçoit une phrase pareille à ses funérailles n’a vraiment, vraiment pas raté sa vie. Et les Parkerismes c’est aussi joli que le prénom Madeleine…

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…Et une pensée pour le génocide de milliers de gallinacés!

Wednesday, December 23rd, 2009 | Fabriché Mansion | 3 Comments

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Pour se mettre dans le Christmas Spirit!

Monday, December 14th, 2009 | Fabriché Mansion | 8 Comments

Allez avec ce froid polaire et les décoracheunes de Nawel qui sont fringuantes dans la cité albionne on se remet une petite chanson… ambiance sourires, écharpes aux couleurs chatoyantes et patins à glace! (et un peu de vin chaud à la cannelle, on est pas des esclaves non plus…)

Sleigh Ride (Le retour)

(j’en profite pour ajouter que je n’ai encore envoyé aucune carte de vœux ni fait mes achats de Nawel. C’est ça être un vrai fainéant rebel!)

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Foire aux Vanités

Tuesday, May 19th, 2009 | Fabriché Mansion, Rosbif life | 10 Comments

Aujourd’hui j’ai décidé que sur Gin and Tonic on allait oublier toute cette morosité sur fond de crise économique et de grippe porcine et qu’on allait se faire plaisir et rêver à de belles choses chères et inatteignables. Parce que c’est simplement trop bon ces derniers temps de se laisser aller à des choses futiles et de faire plaisir à ses yeux -qui ne peuvent plus voir un JT même en peinture- surtout quand on a pas les moyens. Trop bon de voir encore néanmoins des choses belles et de lire des articles décalés sur des trucs apparemment inutiles alors que tout le monde se demande de quoi demain sera fait et n’ose plus lâcher de thune. Aujourd’hui on fait les princesses!

Je suis abonné au magazine Vanity Fair (bon ok j’ai eu un prix de faveur grâce à mon mec qui connait les gens de chez Condé-Nast…). C’est ZE mag’ qui entre un article sur “Qui était Bernard Madoff”, “2 ans chez le Klu-Klux Klan” et “Un tour d’horizon détaillé des pratiques des Hedge-funds” hyper bien documentés et sérieux glisse des images et des réflexions sur la mode ou les parties des friqués et people de ce monde (le dernier numéro avec notamment un inventaire des grands héritiers à harponner était fascinant!). Vanity Fair c’est Vogue, Newsweek, Point de Vue, The Economist et Voici en un seul produit et ce soir je lisais leur dernier-né dans le métro à finir le papier sur cet atterissage en catastrophe d’un vol dans l’Hudson à New York il y a quelques mois lorsqu’en tournant la page: “La Haute Couture: OUI!“, extrait choisi (et traduit grosso modo par mes soins) de ce petit article…

“(…)est-ce que cette extravagance hors de prix  va dorénavant être toujours considéreee comme de bon goût? Mauvaise question. Nous devrions plutôt nous demander “Voulons-nous réellement un monde sans Couture? Sommes-nous prêt à jeter ce qu’il nous reste après tout ce qui a été perdu?  N’y a-t-il plus de place pour le beau et l’exclusif? Pour l’indulgence hystérique? Pour des objets fabriqués avec finesse et savoir-faire?
Il est impossible de correctement saisir combien un vêtement Couture est sensationnel jusqu’au moment où on l’a simplement touché, ou essayé, à la manière insouciante et victorienne  d’Emily Blunt
(ndlr: en photo ci-dessous). La dextérité dans le soin, la satisfaction d’un artisanat, la délicatesse des perles et du laçage, la douceur et la solidité, le tombé et la légereté d’une silhouette… c’est la forme la plus pure de la chirurgie plastique temporaire, et détachable!
Les artisans qui fabriquent ces pièces sont les dépositaires de siècles de patientes explorations des possibilités, et de fines et précises observations passées de fil en aiguille par des petites mains artistes. La Couture est une promesse faite par le futur au passé: il y aura un autre jour des grandes entrées et des orchestres, des carrosses et des candélabres, des réceptions grandioses et des Saisons.”

L’art, le talent, la tradition au service du superficiel c’est bien aussi. En tout cas c’est vachement beau, je trouve. Et puis la plupart des créateurs de ces merveilles pour les yeux sont très sensibles. Faut bien s’entraider…

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Shop’n the City

Saturday, January 31st, 2009 | Fabriché Mansion | 10 Comments

Je viens de m’acheter un bureau (une affaire avec en sus une ristourne de 10%…). Matez-moi donc cette merveille: desk Et good news: j’emmène le blog en Inde. Mais bad news: grosses chutes de neige prévues Lundi matin à Londres-Heathrow et Paris-CDG… stay tuned.

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