Archive for June, 2009
Foutue Crise…
Je suis reviendu! Je sors de mon état végétatif et contemplatif (je viens de passer 3 semaines dans un Carmel, une ambiance de malade! Sister Act à coté c’est austère…) pour déplorer la nouvelle politique d’Apple qui vient de lancer une nouvelle version de son MacBook Pro (15 longs pouces…) dont je suis un des heureux propriétaires (avec l’écran comme sur l’image, et c’est depuis mon bureau en verre que je commande l’univers à partir de cette phénoménale console, soyez effrayés, pauvres mortels quand je dis que je suis reviendu!).
Moi qui avait attendu que la nouvelle mouture sorte l’automne dernier je m’étais donc résigné à économiser durant plusieurs mois pour enfin taper dans le haut de gamme, dans le fin du fin, bref dans la über-geekerie et conquérir le Saint Graapple. Du bon qui coûte cher -et dont je suis très très content, natürlich. Et il y a deux mois j’ai une fois de plus sauté dans le péché financier pour acheter l’écran LED. Ah ça on peut dire que moi la crise je fais avec, hein! Je m’efforce de relancer la consommation, je fais un effort!
Et voilà pas que 7 mois plus tard j’apprends que toute la gamme vient d’être boostée en mémoire et en disque dur (avec même un lecteur de cartes SD et une batterie de ta mère qui dure trop longtemps) et que ces couillons pour faire mousser un peu les ventes on décidé de… de… BAISSER LES PRIX!!!!! £500.00 que j’aurais pu économiser!!!! Crise de merde! Moi qui croyait qu’Apple était le dernier bastion où on ne négocia point le prix des rêves et du haut de gamme… quelle naïveté touchante.
Tout ça pour dire qu’il faut bien que j’admette que je suis un apple-addicted de haut-vol qui malgré ces turpitudes et déjà retourné dans une de leur officine. Un de leur vendeur a même réussi à m’entourlouper m’expliquer que non je n’avais pas en soi “perdu” £500.00 et pis de toute façon il faut bien se lancer à un moment et acheter car avec ces technologies qui évoluent constamment si on attend “on fini par ne rien acheter, really!“. Il m’a quand même dit que j’étais un de leur très bon client (tout le monde dit “Oh Helloooo Faaaabrice” à l’Apple Store sur Regent Street quand j’arrive! Nan je d’éconne!), ça m’a fait plaisir.
Je suis une gentille petite dinde, voilà la vérité.
(… mais j’adore mon matos!)
(…et bien sûr que je vais me procurer l’iPhone 3G[S] à la seconde où mon forfait iPhone 3G se termine, en Novembre)
C’est grave, docteur?
Saudade
Je ne suis pas un vétéran des catastrophes et la vérité c’est qu’on ne s’y fait jamais. Je vais fêter cette année mes 10 ans dans l’aérien, j’ai par exemple vécu avec mes collègues et mes proches (et tout comme vous j’imagine) le crash qui a signé la mise hors service de Concorde, les évènements du 11 Septembre qui ont changé l’image de notre métier à jamais, des accident graves qui ont aidé à comprendre un peu qu’être hôtesse ou steward c’est assurer la sécurité du passager avant tout, les crises telles que celle du SRAS ou celle financière qui secoue l’économie mondiale et nous pousse à continuer et préparer des jours meilleurs… je sais que j’en oublie, et concède en passant que moi-même j’ai parfois peur en avion.
Je suis très triste ce soir, et incrédule également. Je relis et pense à tous ces messages que m’ont envoyés mes amis, la famille, tous ces soutiens. Je pense aussi aux familles et aux amis de ces passagers qui ne pourront pas commencer à faire leur deuil tant qu’ils ne verront pas une épave ou -à défaut- une preuve tangible (à leurs yeux) les empêcher de se raccrocher à un espoir, fût-il infime. Je pense à tous ces messages d’amitié spontanés sur Facebook, ces emails qui nous rappelle que l’on est ensemble, ces petits SMS des gens qu’on aime et qui vous soutienne gratuitement, ces mails d’amis distant qui vous rappelle qu’ils sont là, et bien vivant. Et puis ceux qui ne vous envoie rien car vous savez qu’ils sont là, sur la même longueur d’onde et qu’ils savant très bien ce que vous ressentez. Tout un entourage auquel on ne dit pas très souvent combien on l’aime (et moi je reviens d’une semaine d’amour à l’état pur en plus, mais je suis un grand veinard, j’en ai conscience).
Je pense aussi à mes collègues, et ces embrassades solidaires et spontanées aujourd’hui, cette manière pudique de confirmer par un sourire à la cantine que l’on va se serrer une fois encore les coudes et surmonter ce nouvel écueil, avec une étincelle brillante et compassée loin dans le fond des yeux. Malgré cette tristesse et la désolation d’une tragédie que personne ne mérite on vit parfois au travail les plus grandes, les plus uniques et les plus belles expériences humaines; et j’ai le privilège d’un savoir empirique à ce sujet. Car je sais aussi que ce soir je ne suis pas le seul à avoir la tête remplie de cette “saudade” telle qu’on la rencontre à Rio les jours de pluie d’été. Je la connais, je l’ai vécue (15 jours de pluie!). C’est une période où on se relâche comme une jument à bout de souffle en rentrant chez soi, après toutes ces heures passées à transformer son choc et son incompréhension en énergie afin de montrer au monde la résilience et la force de la marque que l’on représente. C’est quand on se demande “pourquoi?” et qu’on ne peut rien faire d’autre que d’être navré pour soi-même et le pauvre monde, c’est quand on essaie de dormir et qu’on y parvient plutôt mal malgré la fatigue d’une journée accablante d’émotions en roller-coaster.
Mais j’aimerais bien que ça s’arrête ces cataclysmes violents, injustifiés, inutiles. Je voudrais bien arriver à m’abaisser à prier, aussi, parfois, je l’avoue. On doit pouvoir y trouver une paix formidable, certainement. Cependant au vu du gâchis de la nuit dernière au milieu de l’Atlantique je n’arrive pas à m’y résoudre, cela m’apparait comme dire merci bien de nous pourrir la vie…
