11 July 2007

Moi, Fabrice. M, 34 ans, Employé d’Air France

Posted by Fab under: Le travail, hélas; My Rosbif life .


AFJ’ai lu aujourd’hui dans Libé (ici et ) et Le Monde (ici) que le Comité d’Entreprise (et non pas les syndicats comme le cite Le Monde) d’Air France allait déposer une motion à l’assemblée générale des actionnaires -dont je fais partie- ce Jeudi.

Cette motion porte sur le traitement infligé aux expulses du territoire français, notamment sur les vols vers l’Afrique où Air France -il faut le dire- détient un quasi-monopole au départ de l’Europe.

Je ne veux pas faire de procès d’intention et m’engager dans un débat politique sur le bien-fondé du statut des expulses et de la justice ou injustice de décisions qui découlent de la loi. On parle de leur traitement lors du processus d’expulsion. Mais les pilotes comme les navigants commerciaux s’insurgent sur les conditions parfois inhumaines infligées à ces passagers. Certains pilotes en arrivent à refuser de les embarquer pour cause d’atteinte à la dignité de la part de certain types d’escortes.

Ces passagers spéciaux, dans le jargon, nous les appelons “déportés”, et nous les classons selon 2 catégories:

  • L’”INAD” (pour “INADmitted”) qui voyage sans escorte et est simplement reconduit sur le vol de retour car il n’a pas les documents (ex: visas) nécessaires. En passant, le transporteur paie egalement une amende pour avoir laissé voyager une personnes qui n’aurait pas du être a bord. Dans le cas d’un vol complet nous devons débarquer un passager payant et le compenser pour que l’INAD prenne sa place…
  • Le “DEPU” et le “DEPA”, généralement des personnes mises en examens, voire condamnées et des expulsés. Ils voyagent sous escorte policière (en civil la plupart du temps) et leur nombre à bord est soumis à quotas. Commercialement quand on a un DEPU/DEPA dans l’avion on perd de 4 à 6 sièges que l’on aurait pu vendre…

Généralement, pour être honnête, ça se passe plutôt bien, et discrètement, avec des policiers en civil (ndlr: on embarque tout le monde en priorité avant les passagers commerciaux). C’est plutôt quand on “invite” les CRS en uniforme à bord que ça se passe moins bien. Parait-il, hein! Je ne suis pas navigant.

Je trouve cette idée de motion admirable. AF est depuis quelques années une société privée dans laquelle l’Etat est minoritaire. Ces expulsions nuisent à son image, et sa perception par la clientèle, notamment africaine.

Dénoncer ces traitements (et c’est vraiment ce dernier mot qui compte, je le répète) en assemblée des actionnaires c’est rappeler à ces derniers que s’ils veulent leurs dividendes il faut que l’entreprise attire et plaise aux clients. Et on est d’accord que sur le quotidien Paris-Bamako pour ne citer que le plus connu c’est pas triste. En fait si. C’est triste…

Malheureusement il semble que la direction ne l’entende pas de cette oreille
C’est dommage mais cela m’aura au moins donné l’occasion de féliciter mes collègues navigants et du CE qui se mouillent au nom des salariés pour dénoncer une réalité empreinte parfois de beaucoup de violence, de douleur et aux antipodes de ce qu’une compagnie aérienne peut représenter dans les yeux de nous autres qui faisons rimer voyager avec “s’amuser” (et “travailler” desfois aussi) , pas “se faire expulser”.

Sorry les gars c’est un peu sérieux ce soir (et pour ré-équilibrer le billet on est en pleine négo salariale au taf c’est pas toujours rose non plus, Herr Frunz, hein!) mais le week-end se rappoche… on va se remettre à se marrer!
(au fait hier au resto on a RIEN payé, même pas le pinard, c’est le resto qui régalait! Classe, non?)(j’aurais du bouffer tout ce qu’il y avait de plus cher, j’ai merdé…)


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