Demain Dubaï -Prologue
(je kiffe mon titre, ça fait très “Aujourd’hui Madame”…)
Avec Parker on part à Dubaï demain (vous êtes énervés, hein?). Le choix de compagnie aérienne s’est porté sur la grande compagnie de l’Emirat(es) en question plutôt que la Fabrice-Air Ltd pour des raisons pratiques: vols directs à foison depuis Londres, pas besoins de passer par Paris-Capitale-de-la-fashion, bref c’est reparti on vole en stand-by avec les billets à deux balles sur cette compagnie à la réputaion ma foi prestigieuse. Sauf que.
Les employés -et possesseurs comme dans mon cas- de compagnies aériennes lorsqu’ils voyagent en stand-by (comprendre par là que l’on ne monte à bord que s’il reste des sièges libres une fois que l’enregistrement du vol convoité clôture. Risqué mais trop pas cher…) doivent se “faire lister” comme on dit dans le jargon auprès de la compagnie souhaitée pour leur faire part de leur intention de voyager sur un de leur vol.
Ni une ni deux j’appelle donc La Grande compagnie De l’Emirat (ou LGCDLE)
Episode I
“Bonjour Mr LGCDLE, je voudrais me lister sur un vol de Londres pour Dubaï! (sourire en bandoulière et voix très corporate)”. 30 minutes au bas mot, des explications et épellages à n’en plus finir, des mises en attente interminables mais j’ai finalement un dossier de réservation en stand-by supposément aux noms de Fabrice Michel et Parker Mydarlingchouchou.
Merci Mr LGCDLE, looking forward to fly with you!
5 secondes plus tard je me rue sur le site de LGCDLE pour mater le booking. Et merde le booking est au nom de Fabrice Machil et Parker Mydarlingchouchou (heureusement qu’on a inventé l’alphabet international, en passant, et que je m’en suis servi)… j’envoie un mail pour demander la rectification ou au pire de me refaire un listing auquel il m’est rétorqué de plutôt les appeler c’est plus sûr et plus rapide -opinion discutable. Je le sentais arriver mais bon on est entre professionnels on va s’en sortir, je garde mon optimisme à tout épreuve, mon enthousiame est intact. Ça n’allait pas durer.
Episode II
“Re-bonjour Mr LGCDLE y a un problème de nom sur mon booking” (voix neutre et pas de formules sophistiquées). L’agent que j’ai en ligne me dit que ce n’est pas grave ça va passer sans problème le jour du départ en escale, y a pas de lézards dans mon costard. Je lui répond aimablement ET poliment, mais bien fermement, que je ne tente même pas le coup en rêve, je sais comment ça se passe en aéroport, donc je ne raccroche pas tant que le nom correct tel qu’il est imprimé sur mon passeport n’est pas dans la réservation. Palabres, négociations, mises en attentes, déballage de l’attirail de diplomatie renforcée. 40 minutes plus tard j’ai un nouveau booking. Sourire de vainqueur et flamme de joie dans les yeux en raccrochant.
Merci Mr LGCDLE je suis sûr désormais qu’on va faire un voyage inoubliable sur vos lignes.
5 secondes plus tard je me rue sur le site de LGCDLE pour mater le booking. Bordel le booking est au nom de Fabrice Mydarlingchouchou et Parker Michel. Des stances impures commencent à irriguer mon cerveau frustré, je sens une certaine vexation et un agacement léger mais ferme m’envahir. Je rappelle LGCDLE.
Episode III
“Re-re-bonjour Mr LGCDLE, je n’ai rien contre les sourds et les simplets mais vous devriez peut-être contacter votre agence de recrutement, je dis ça je ne dis rien.” (bon j’ai pas dit ça mais le ton était assez sec et direct). Je reprends tout à zéro: je me fais relister depuis le début pour moi et Parker. Mises en attentes, épellages avec invitations exhortations à tout me répéter pour être bieeeen sûûûr, explications, diplomatie et résilience sont mes autres prénoms. 35 minutes plus tard j’ai un nouveau booking et arrive même à demander la faveur d’annuler les deux premiers (je sais, je sais, je suis d’une puissance qui force le respect). Je sors une ou deux méchancetés un peu vulgaires en raccrochant hsitoire d’éventer mon énervement.
5 secondes plus tard je me rue sur le site de LGCDLE pour mater le booking. Yééééé Mr Fabrice Michel et Mr Parker Mydarlingchouchou vont à Dubaï! Ah tiens oui mais le mois prochain…
Comme quoi il doit néanmoins exister une divinité de la providence pour les personnes dans mon genre il n’y a pas eu d’épisode 4, j’ai réussi à modifier mon booking-réservation-listing-de ta mère en ligne pour demain et le retour le 10.
Si c’est comme ça à bord demain on est pas prêt de bouffer ou même de s’assoir…
Rhaaaaaaaa!!!
…mais promis, comme me l’a conseillé Tatie Chondre (qui se débat en ce moment avec Windows 7, trop la te-hon), on achète qu’à la 2ème release!
(je bave, même Parker en veut un nan mais vous vous rendez compte?)
Amitié je chéris ton nom
Une petite note doublée d’une touchante anecdote pour commencer l’année (qu’au passage je vous souhaite sincèrement pleine de bonnes choses dans tous les domaines), qui m’a été rapportée par Mme Mère.
Ma mère à moi vient en effet de perdre une amie -décédée d’un cancer fulgurant- dont les funérailles avaient lieu l’avant-veille de Noël (y a pire comme timing?). Elle s’appelait Madeleine, un très joli prénom. Je pense n’avoir jamais vraiment trop vu la place que tenait cette dame dans la vie de ma mère, on parlait au téléphone des vannes qu’elles s’envoyaient toutes les deux en live et de leurs conversations et je crois ne l’avoir jamais rencontrée bien que Mme ma génitrice me prétende le contraire assez régulièrement: dans une communauté rurale de 200 habitants on a plutôt tendance à tous se connaître… mais là n’est pas mon propos.
J’ajoute en passant que ma maman est une personne qui n’a pas tendance à grandement s’épancher de manière générale (à moins que cela devienne insupportable au tréfonds d’elle-même et là ça sort tout seul d’un coup sans prévenir à un moment inopportun au possible… mais la personne sur qui ça tombe a toujours une oreille pour elle, ma mère a un don en fait!), on a le sens de la dignité et de la discrétion assez développé, dans la famille.
La mère Michel n’a par ailleurs aucune difficulté à exprimer son mécontentement et/ou sa non-satisfaction, parfois bruyamment et vertement si nécessaire, l’une de ces occurrences ferait-elle son apparition. Mais c’est aussi une femme -et je la connais bien- d’une extrême (et j’utilise le terme à dessein) sensibilité, d’une générosité parfois agaçante (“quoi??? tu as donné ces trucs que je t’avais ramenés du Brésil à qui????”) mais surtout d’une gentillesse dont la réputation n’est plus à faire (et au moins aussi grande que ma méchanceté et ma connassitude réunies, c’est dire!): tout le monde dans le patelin chante -à juste titre!- les louanges de Mme Michel qui est “si gentille” (un fermier local) ou “une personne adorable” (l’institutrice du village) “toujours prête à rendre service” (Le maire du Village). En plus elle aime bien rigoler -telle mère, tel fils! Je ne dis pas ça parce que c’est ma mère mais c’est réellement une femme bonne avant d’être une bonne-femme.
Comme je le narrais, je n’ai pas compris combien ma mère était attachée à Madeleine qui vient d’être sacrifiée des pinces d’un vicieux crabe. Discrétion encore et dignité toujours. Solitude face au deuil un peu aussi, peut-être. J’ai appelé la maison hier pour souhaiter une bonne année et c’est là que je me suis rendu compte quelle avait été très ébranlée par ce décès cette mort.
A l’issue des funérailles, m’a't-elle raconté, un Livre Blanc/Livre d’Or était à disposition de tous pour laisser un dernier message à Madeleine.
Madame Michel a juste écrit “C’était mon amie et je l’aimais beaucoup. Liliane Michel.”
C’est la plus simple et la plus belle chose qu’on peut écrire, non? En une pincée de mots elle a dit l’essentiel: Madeleine était mon amie et je voudrais juste dire les sentiments que j’avais pour elle. Simple, to the point. Et vous n’imaginez pas comme cette anecdote que je retournais hier soir en rentrant du travail m’a ému. Plus j’y pensais et plus j’avais presque les larmes qui me montaient aux yeux de penser à ma mère seule avec ce deuil qu’elle n’a pu partager que par cette courte ligne d’écriture, au vu de tous, dans la sincérité la plus authentique. Celle qui vient du coeur, d’un coup, spontanément. J’étais super fier d’elle aussi de produire des diamants brut comme ça au moment où on l’attend le moins (je devrais en prendre de la graine).
Mme Mère ne m’en aurait pas parlé si quelques jours plus tard en prenant le café chez une de ses copines cette dernière ne lui avait confessé sa surprise à la nouvelle d’une telle phrase écrite sur ce genre d’ouvrage (“Mais on écrit pas ça!”). Rien de méchant ou d’agressif mais simplement l’expression d’une génération pour laquelle l’attitude formelle est de rigueur dans ce genre d’événement (religion et éducation à l’ancienne que voulez-vous, et cette copine à ma mère -celle-là je la connais!- est une personne très gentille et authentique qui comme moi n’a peut-être tout bonnement pas compris l’amitié que ma mère avait pour Madeleine).
Je l’ai bien rassurée la petite Mère Michel (je crois vous avoir dit qu’elle n’était pas bien grande dans un autre billet), en lui disant qu’elle avait vraiment bien fait d’écrire ce qu’elle ressentait et qu’au contraire de ce que sa copine peut préférer écrire quant à elle il y a de la beauté à avoir la volonté d’un coeur simple à afficher ses sentiments une dernière fois parce que ça vient des tripes.
…mais la petite ligne “C’était mon amie et je l’aimais beaucoup” ne m’a pas lâché depuis ce coup de fil. Même Parker était un peu remué à l’écoute de cette anecdote (et vénère contre la copine à ma mère qui écrit juste “sincères condoléances” et qui dit ensuite qu’on ne peut pas écrire aux gens morts qu’on les a aimé!) et il a eu le plus beau mot de la fin, il a juste dit que la personne qui reçoit une phrase pareille à ses funérailles n’a vraiment, vraiment pas raté sa vie. Et les Parkerismes c’est aussi joli que le prénom Madeleine…
Hou-ah! Hou-ah!
Je viens officiellement de terminer ce soir mon premier trimestre de fac (avec un brief que j’ai trop produit du caca enfin bref…).
C’est les ouacances!!! Holidays!! À moi cocktails et autres fêtes pré-Nawelliennes avec alcool, débauche, chorégraphies d’enfer et marivaudages… allez c’est vidéos! (vous savez que je suis probablement dans le public sur cette vid’? Je vous raconterai un jour comment je suis allé voir le Blond Ambition World Tour à l’insu de mes parents alors que je n’avais que 17 ans -j’étais beau comme un enfant, fort comme un homme… 300 bornes pour y aller, 300 pour revenir le tout dans la même nuit, ah jeunesse, jeunesse!)
(j’ai pas encore fini le travail par contre, mais j’ai le week-end pour faire mon Christmas shopping!)
Pour se mettre dans le Christmas Spirit!
Allez avec ce froid polaire et les décoracheunes de Nawel qui sont fringuantes dans la cité albionne on se remet une petite chanson… ambiance sourires, écharpes aux couleurs chatoyantes et patins à glace! (et un peu de vin chaud à la cannelle, on est pas des esclaves non plus…)
(j’en profite pour ajouter que je n’ai encore envoyé aucune carte de vœux ni fait mes achats de Nawel. C’est ça être un vrai fainéant rebel!)
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